jeudi 2 juillet 2020

Aude : Termes (mai 2020) 6ème partie


Le château de Termes, un des "5 fils de Carcassonne" avec Aguilar, Quéribus, Peyrepertuse et Puilaurens



* Le point rouge concerne cet article - (carte active)

Pour voir cette balade au début - cf. ICI




Aude



Ravis de notre balade au Sentier Sculpturel de Mayronnes, nous prenons la direction de Termes pour y passer la nuit.

La route entre Mayronnes et Termes est...comment dire ?



...plutôt étroite...


...assez sinueuse...


...historique. Elle déroule ses lacets avant et après le village de Saint-Martin-des-Puits et sa petite église romane aux fresques du XIe siècle, s'étire au pied des ruines du château de Durfort situé sur la commune de Vignevielle, c'est un château privé qui ne se visite pas.

Vestiges du château de Durfort



Elle nous permet d'apercevoir le château de Termes...


...un peu stressante quand elle traverse la montagne. Là, je n'aime pas du tout encore moins en cc qu'en voiture ! 😲


Bref, je suis amplement soulagée d'arriver au village mais pour la traversée du village il faut encore faire preuve de délicatesse...



...surtout que le parking visiteurs se trouve à l'autre extrémité du village.

OUF
Quel soulagement d'être arrivés à destination.



Capture d'écran "Via Michelin" et localisation du parking.


Le parking est légèrement en pente mais ne justifie pas les cales. En fait, nous ne les sortons quasiment plus, elles s'baladent dans la soute.
Il est gratuit, sans services, il y a juste un point d'eau.
Coordonnées GPS :  N 43°0'3.0830''  -  E 2°33'55.2710''



Je vous aide ? Le panneau fournit quelques indications pratiques :
"Merci d'avoir stationné votre véhicule ici.
Les quelques mètres qui vont vous conduire au château vous permettront de ne rien manquer des attraits de Termes, à commencer par les abords du "Sou", le village et l'église, avant bien sûr, de vous diriger vers l'intérêt principal de Termes : les vestiges du château, à 15 mn à pied.
L'église est ouverte aux mêmes horaires que l'accueil du château. Restaurée et mise en lumière, elle mérite de s'y arrêter un instant. Le parcours peut emprunter quelques ruelles pittoresques du village, installé sur ce lieu depuis l'an 1260. Il faut ensuite rejoindre le pont qui permet d'accéder à l'accueil-boutique et point d'informations : c'est le lieu de départ des visites.
L'achat du billet d'entrée au château permet de profiter des différents supports de visite qui agrémenteront votre découverte de cet important site historique, un des "5 fils de Carcassonne", théâtre du long siège mené par les croisés de Simon de Montfort en 1210 : 
  • Court-métrage de 13 minutes, 
  • Exposition historique permanente,
  •  Cahier de visite avec dessins de reconstitutions.
Ainsi, vous saurez tout de l'histoire du château de Termes." 


Nous allons faire un petit tour du village.

La nuit a été calme.
Du parking au village, la promenade est agréable, rythmée par les clapotis du Sou.


Contre les ruines de la maison du Sou, nous trouvons quasiment le même panneau qu'à Mayronnes, sauf que le thème en est tout autre.
Je ne vais pas vous retranscrire le panneau, fort instructif au demeurant, mais pour ceux que les vautours intéressent, voici le site de l'organisme qui en est l'auteur - cf. ICI




Pas franchement doués en la matière, nous nous amusons un moment à comparer les poissons que nous voyons aux photos du panneau.

Un chevesne : 


Un barbeau méridional et des chevesnes :


Les vestiges de la maison du Sou : 






Pour la visite du village, j'ai mêlé photos du jour et celles de la veille.

Le village était jadis autour du château, ce n'est qu'après la Croisade contre les Albigeois, en 1260, qu'il a été transféré dans la vallée.


Une aire de pique-nique est installée près de la mairie au bord du Sou. La nature explose en maintes nuances de verts. Avec les arums le long des berges et leurs pétales en forme de cornets blancs, les oiseaux qui chantent à tue-tête en cette belle matinée de printemps, tout contribue à rendre l'endroit idyllique.

Aude



Les marques des différents niveaux de crues à l'angle d'une maison : 



Les maisons en pierre s'accrochent au versant de la montagne, de part et d'autre de ruelles, pavées pour certaines. Quelques calades ou escaliers bordés de fleurs donnent à l'ensemble un petit air rustique, authentique qui n'est pas fait pour nous déplaire.




Un gros matou prend le frais à l'ombre d'une ruelle, impassible tant face à mon objectif que devant le rougeoyant pied d'Alstroemeria "Inca Joli".






Nous arrivons à l'église qui longe la rue. On y accède via une mini cour, mais elle est fermée et nous nous contentons de lire le panneau.
Je vous aide ?
"Eglise Notre-Dame-de-la-Nativité
L'église de Termes est inscrite à l'inventaire supplémentaire des Monuments Historiques.
Elle aurait été édifiée à partir de 1163, comme le stipule l'acte de partage du château de Termes entre les deux frères, Raimond et Guilhem de Termes. Le bâtiment a subi quelques remaniements : la surélévation du mur nord pour diminuer la pente de la toiture en 1890, le déplacement du portail du sud vers l'ouest (1880), la modification des fenêtres primitives (XIXe siècle), ainsi que la transformation du "clocher mur" en clocheton à quatre baies.
L'église mesure extérieurement 22 mètres de long sur 9 mètres de large et possède un plan simplement quadrangulaire à nef unique et chevet plat. Le sanctuaire, voûté en berceau brisé, est composé de trois travées. Les murs ont un mètre d'épaisseur et sont construits en gros et moyen appareil régulier. Ce bâtiment possède nombre d'éléments apparentés au style roman : sobriété des volumes, aspect trapu, petites baies faiblement éclairantes, voûte en berceau brisé reposant sur des arcs doubleaux.
Le portail est formé d'un arc en plein cintre chanfreiné. Le clocheton abrite une cloche de 1541 dédiée à la Vierge. L'intérieur du sanctuaire recèle divers éléments classés Monuments Historiques, tel le support du bénitier qui est agrémenté de trois blasons portant les armes de Pierre de Montbrun, archevêque de Narbonne (1272-1286). Côté Nord, une toile du XVIIe siècle représente la Vierge à l'enfant entre Sainte-Cécile et Sainte-Catherine." 

La façade, côté rue se pare d'un cadran solaire récemment restauré.  


ça roupille ! Je trouve le moyen d'accès à la fenêtre du premier étage extrêmement ingénieux  : 





Une jolie plante, probablement une vivace que je ne connais pas. Si les feuilles ressemblent à celles de l'iris, les fleurs n'ont rien à voir avec celles de l'iris. Si quelqu'un connaît, je suis preneuse.


Aude

Aude



Cela fait plutôt bizarre d'être au même niveau que la cloche de l'église.

Aude







Il est temps de visiter le château dont le billet d'entrée est à 5 euros. Après le film documentaire sur le château, la visite de l'exposition à l'étage qui se compose de quelques vitrines et de grands panneaux explicatifs...


...nous attaquons la montée.
En pré-déconfinement, les conditions ont changé. Le livret habituellement fourni pour la visite s'est transformé en code d'accès (à consulter sur le net).









Nous arrivons aux premiers murets de pierres sèches, vestiges des défenses médiévales ou murets élaborés par les agriculteurs ultérieurement ? 



Aude



Le panneau nous fournit un peu de lecture. Pour ceux que ça intéresse :


"CHÂTEAU DE TERMES
Le château se dresse à près de 500 m d'altitude, au sommet d'un éperon rocheux bordé d'impressionnants ravins. Il est limité au Nord et à l'Ouest par les profondes gorges du Sou, et contrôle au Sud un carrefour d'anciens chemins situé au col dit "del Castel". La colline au paysage austère qui porte ces vestiges est site classé depuis 1942.
L'HISTOIRE
Termes est le chef-lieu d'une importante seigneurie constituée au début du XIe siècle, à la limite des terres des vicomtes de Carcassonne et des comtes de Barcelone. Cette seigneurie contrôle le vaste territoire des Corbières auquel elle a donné son nom, le Termenès, comprenant une quarantaine de villages. La première mention de la famille de Termes date de 1061 avec le seigneur Olivier-Bernard. Cette célèbre maison appartient aux principaux barons des Trencavel, vicomtes de Carcassonne-Albi-Béziers. Le château (castrum) connaît son premier témoignage manuscrit en 1093. Au moment de la Croisade contre les albigeois, il constitue avec Lastours et Minerve un des satellites de Carcassonne. Face aux troupes de Simon de Montfort en 1210, le seigneur de Termes, Raimond, oppose une résistance obstinée lors du siège que la forteresse endure pendant quatre mois. Assiégeants comme assiégés possèdent des pierrières, ce qui fait de cet épisode un cas particulier dans la "guerre des châteaux". Après sa chute, Termes est confié au croisé Alain de Roucy (1215). En 1228, Termes devient forteresse royale lorsque Amaury, fils de Simon de Montfort, abandonne ses droits sur le Languedoc à la couronne de France. Saint-Louis y réalise alors d'imposants travaux et l'intègre à la ligne de fortifications-frontières face au royaume d'Aragon, à la suite du Traité de Corbeil en 1258. Pendant plus de quatre siècles, une garnison royale occupe le château. Un document daté de 1302 nous renseigne sur sa composition : elle est formée alors d'un châtelain, d'un chapelain, d'un guetteur, d'un portier, d'un écuyer et de dix sergents d'armes. Après les Guerres de Religion, le roi déclare la forteresse inutile et ordonne sa destruction : elle est démantelée à coups d'explosifs en 1653, par un maçon de la ville voisine de Limoux. Dès lors, le site est abandonné aux cultures jusqu'au début du XXe siècle avant de retourner à l'état sauvage jusqu'en 1973, date des premiers débroussaillements.
LES RESTAURATIONS
Acquis par la commune en 1988, l'édifice est classé Monument Historique et ouvert au public un an après. Il fait l'objet de travaux de restauration en 1991 sur la partie Sud de la première enceinte, puis en 1992 sur la chapelle présumée. Depuis 1992, des chantiers archéologiques de jeunes bénévoles y sont régulièrement organisés. Plusieurs opérations de débroussaillages et de terrassements sont réalisées simultanément. De 1997 à 1998, le monument connaît une importante campagne de travaux et de mise en valeur, dont les axes principaux sont la mise en sécurité, la consolidation des maçonneries, la lisibilité des ruines et la matérialisation d'un cheminement. Ces aménagements ont porté essentiellement sur l'enceinte extérieure et sur le front oriental de l'enceinte intérieure." 

Et comme l'histoire et le sort du château sont aussi étroitement liés à l'épisode cathare, la partie ocre du panneau nous fournit d'autres infos :  
"Catharisme à Termes et dans le Termenès aux XIIIe et XIVe siècles
Il ne semble pas y avoir eu de communautés importantes de parfaits dans le Termenès. Si l'on en croit le chroniqueur cistercien Pierre des Vaux-de-Cernay, une seule parfaite était présente lors du siège du château de Termes en 1210. D'autres chroniqueurs plus tardifs ont néanmoins associé à cet épisode un bûcher d'hérétiques. Le catharisme a, selon toute vraisemblance, été importé en Termenès en raison des relations que ses seigneurs  entretenaient avec d'autres familles aristocratiques issues de régions plus favorables au catharisme comme le Lauragais ou le Minervois. En effet, les principaux membres de la famille de Termes semblent avoir adhéré à ce mouvement religieux dissident. Toujours selon Pierre des Vaux-de-Cernay, Raimond de Termes, seigneur des lieux au début du XIIIe siècle "était un vieillard livré à un sens réprouvé et hérétique avéré", à qui le chroniqueur connu pour être peu favorable aux méridionaux, reprochait notamment d'avoir empêché le culte catholique dans son château depuis "plus de trente ans". La grande figure du catharisme en Termenès fut cependant un autre personnage, le parfait Benoît de Termes. Selon toute vraisemblance, il s'agit du frère cadet de Raimond de Termes. Membre important du clergé cathare, il est choisi par ses pairs pour affronter les légats catholiques et le futur Saint Dominique à Montréal en 1207, et devenir le premier "évêque cathare" du Razès et de la région des Corbières en 1226. Il est signalé pour la dernière fois à Quéribus, où il semble avoir trouvé refuge après la Croisade royale de 1226. Il y meurt probablement en 1233. Les registres d'Inquisition ne mentionnent plus d'hérétiques dans la seigneurie de Termes au cours du XIIIe siècle. Lié à l'adhésion de l'ancienne famille seigneuriale, l'essor du catharisme semble s'amenuiser dans cette région après la Croisade royale."

Quelques définitions dans un coin du panneau :
catharisme dissidence chrétienne fondée sur la dualité esprit-matière, vécue comme l'affrontement du bien et du mal.
parfait(e) terme employé par les Inquisiteurs pour désigner les hommes (et les femmes) impliqués dans la transmission du sacrement cathare.
pierrière machine de guerre qui lançait des boulets de pierre." 

Et pour la petite histoire, les seigneurs de Termes tiraient d'importants revenus de l'élevage et du sous-sol, il existait alors des mines de fer, de cuivre, d'argent et d'or aux environs. 
Aussi, au début du XIIIème siècle, le château était une vraie forteresse, entourée de quelques faubourgs fortifiés. Le fortin du Termenet, juché sur un piton rocheux au-dessus des gorges venait renforcer la sécurité du château.
Durant cette période, le catharisme avait pris beaucoup d'ampleur dans le sud de la France et était rudement combattu.
Les croisés avaient déjà pris Béziers et Carcassonne pendant l'été 1209, puis Minerve en juillet 2010. Ainsi, en prévision d'un siège, Raimond de Termes avait fait d'énormes provisions de vivres et de munitions en juillet 2010, d'autant plus qu'environ 500 personnes étaient réfugiées au château dont la moitié était des combattants.
Ainsi, lorsque les croisés arrivèrent, le château était prêt à tenir un siège et ni le bombardement du premier rempart pas plus que le travail de sape ne contribuèrent à sa prise. Mais les croisés finirent par réaliser que concentrer leurs attaques sur le fortin du Termenet contribuerait à affaiblir le château et lui bloquer l'accès à l'eau. 
Alors que privé d'eau, Raimond de Termes avait fini par accepter de se rendre, un violent orage se chargea de remplir à nouveau les citernes du château. Cette eau tant désirée a réussi cependant à venir à bout des habitants de Termes atteints de dysenterie et pris alors qu'ils tentaient de fuir lors d'une nuit de juillet 1210. 
Raimond de Termes fait prisonnier, fut enfermé dans une prison de Carcassonne et y restera jusqu'à sa mort. Quant aux autres participants à ce fait historique, il semble que si quelques combattants aient été exécutés, les femmes, les enfants et les vieillards aient été épargnés contrairement à bien d'autres endroits où seul le bûcher les attendait.
Si le destin de Termes était scellé, l'histoire cathare ne s'est pas arrêté là. 
L'église a instauré un tribunal religieux pour traquer et condamner les hérétiques, c'est ainsi que l'Inquisition a été créée en 1233. 
A son tour, le château de Montségur, haut lieu du catharisme tomba en mars 1244. Plus de 230 cathares refusant de renier leur foi terminèrent sur le bûcher.
Quant au dernier "Bon Homme", Guilhem Belibaste, il est mort sur le bûcher à Villerouge-Termenès en août 1321. 
Officiellement, le catharisme a pris fin avec la mort de Belibaste.

C'est le moment où le livret explicatif nous fait bien défaut, le code donné à l'accueil ne nous permet pas d'accéder au fichier via le portable.
Nous ferons la visite sans, mais c'est bien dommage !

Quelques photos :















Aude










Aude

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Sans support, j'ai trouvé la visite plutôt frustrante et bien moins intéressante même si j'ai pu admirer le magnifique panorama. Pour un œil non exercé, il est bien difficile de se représenter le château tel qu'il pouvait l'être jadis et les quelques bouts de murs ne sont pas franchement représentatifs pour qui n'est pas archéologue.

Nous entamons la descente et rencontrons un gros lézard vert.





Et pour terminer, une courte vidéo du paysage que l'on voit du château : 





Tant qu'à être dans les châteaux et le catharisme, nous décidons de changer nos plans pour faire découvrir celui de Villerouge-Termenès à notre petit-fils.
A bientôt ! 😉



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