lundi 11 octobre 2021

Tarn : Albi (septembre 2020) 2ème partie.


Nos déambulations albigeoises 

autour de la cathédrale Sainte-Cécile


* Le point rouge concerne cet article - Carte active





Juste deux syllabes composent son nom et pourtant que de facettes !

Du point de vue touristique au simple mot Albi, certains pensent aussitôt à la cathédrale Sainte-Cécile, d'autres au peintre Toulouse-Lautrec, d'autres encore aux ruelles de briques rouges du centre historique.

Albi est un peu tout ça et bien plus encore.

Située en Midi-Pyrénées, avec pour proche voisine Toulouse (à une cinquantaine de kilomètres), cette cité épiscopale, classée au patrimoine mondial de l'Unesco est la préfecture du Tarn.

Quelques étapes majeures ont influé grandement sur le devenir de la ville :

  • L'insécurité d'où la cité fortifiée au Moyen-Âge,
  • La culture du pastel et la richesse qui en découle d'où la construction de beaux hôtels Renaissance aux XVème et XVIème siècles,
  • La construction du chemin de fer au milieu du XIXème siècle qui a ouvert de nouvelles voies économiques.

Bien entendu, les trois journées consacrées à découvrir cette jolie ville tarnaise ne nous fourniront qu'un aperçu de celle-ci. Il est certain que nous allons manquer, faute de temps, pas mal de choses.


Pour l'instant, nous nous installons sur l'aire camping-car de Pratgraussals située au 13 chemin de Pratgraussals.
Coordonnées GPS de l'aire : N 43°56'0.9780''  -  E 2°8'11.2560''

A l'intention des camping-caristes :
L'aire est près du skate-park, de la station d'épuration et aussi toute proche de la salle événementielle de Pratgraussals. Assez grande (donnée pour 50 places), elle est cependant légèrement en pente, assez pour sortir les cales. Tiens, il y a fort longtemps que ces dernières n'avaient pas pris l'air !

Le stationnement et les services sont gratuits.

Pour l'instant, il faut marcher presque une demi-heure pour rejoindre le centre-ville mais lorsque la passerelle ouvrira, normalement en 2021, l'aire se trouvera bien plus près de la cathédrale. Cette passerelle sera autant piétonne que cyclable et ouvrira un nouvel angle de vue sur la cathédrale.


Selon les commentaires de certains camping-caristes sur le net, il paraît qu'à certains moments, la station d'épuration dégage des odeurs nauséabondes, mais je dois dire que lors de notre passage les vents étaient favorables et nous n'avons eu pour nuisance que le médiocre attrait visuel qu'elle représente. Cela doit dépendre des flux d'air.

Si aucun bruit nocturne n'est venu troubler notre sommeil, on ne peut en dire autant en journée. Les travaux d'agrandissement du skate park vont bon train. Bref, nous avons déjeuné au "doux" son des pelleteuses et autres engins de chantier !




On visite ?
Il n'y a pas que les cales qui prennent l'air, les trottinettes aussi !
Le ciel est mitigé ce matin et les conditions météo devraient se dégrader à partir de demain. Donc, ce sera découverte de la ville aujoud'hui, demain sera consacré aux musées.

Premier passage à l'office du tourisme, où nous récupérons un plan de visite et achetons deux "Albi City Pass" au prix de 28 € (2x14 €).


De nombreux panneaux disposés aux points touristiques majeurs nous racontent la ville, ses édifices, la vie de ses habitants, pour plus de lisibilité je vous les retranscrirai au fur-et-à-mesure.


"La Madeleine

La construction du pont Vieux au XIe siècle a favorisé le développement de ce faubourg. Tandis que la rive gauche concentrait le pouvoir politique et religieux, la rive droite, devenait "le faubourg du Bout-du-Pont", où se rassemblaient exclus et miséreux.

Dès le Moyen-Âge, des activités consommatrices d'eau s'installèrent sur les bords du Tarn (moulins, briqueteries, teintureries, tanneries...).

Au XIXe siècle, d'autres activités apparurent : vermicellerie, minoterie (aux Moulins albigeois), chapellerie... En 1856, la traversée du quartier par la ligne Albi-Carmaux a accru l'exportation du charbon. A proximité de la gare, des verriers grévistes, soutenus par Jean Jaurès, créèrent la célèbre Verrerie ouvrière d'Albi (1896).

Attirée par ces activités, une population étrangère composée majoritairement d'Espagnols, s'installa à la Madeleine, donnant au quartier le surnom de "petite Espagne".

Aujourd'hui réhabilité, le quartier de la Madeleine offre de magnifiques panoramas sur la cité épiscopale."


Du quartier de la Madeleine, près du pont Vieux, nous avons une jolie vue sur le Tarn.

De sa source au Mont Lozère, à la traversée des Gorges du Tarn, la rivière traverse Albi avant de poursuivre son cours dans la vallée du Tarn pour terminer son parcours à Saint-Nicolas-de-la-Grave dans le département du Tarn-et-Garonne et se fondre dans la Garonne.

Les gabarres, ces bateaux à fond plat destinés jadis au transport des marchandises n'embarquent plus que les touristes à présent mais est-ce une conséquence de la pandémie, elles semblent à l'arrêt.






Du pont Vieux, nous observons un long moment, le comportement des énormes silures qui ont adopté une technique de chasse similaire à celle des orques en se projetant sur la rive. Les pigeons insouciants qui se prélassent au soleil n'ont semble-t-il pas encore intégré cette nouvelle forme de prédation.


Vue sur le pont Vieux et le quartier de la Madeleine :


"Le pont Vieux

Construit vers 1040, "pour le profit commun de la ville et l'utilité de l'Albigeois", ce pont permit de développer le quartier de la rive droite, appelé faubourg du Bout-du-Pont ou de la Madeleine et de multiplier les échanges.

Pont à péage, il comportait une tour-porte fortifiée au centre la chapelle, et à l'extrémité droite le pont-levis et le "ravelin".

Du XIVe au XVIIIe siècle, il porte des maisons sur ses piles qui furent démolies après la terrible crue de 1766. En 1820, pour s'adapter aux nouveaux transports de la révolution industrielle, sa chaussée sera redressée et élargie.

Classé monument historique, c'est aujourd'hui l'un des plus anciens ponts de France à être utilisé pour la circulation." 

 


"Rue de la Grand'Côte

Jusqu'au milieu du XVIIIe siècle, la rue de la Grand'Côte et sa voisine, la rue d'Engueysse, permettaient la circulation du trafic provenant du pont vers la ville. Cette activité commerciale explique la présence de belles demeures : maisons de riches commerçants, de banquiers et d'Albigeois les plus fortunés ; l'hôtel Delecouls au n°1 (classé monument historique), ancienne propriété d'une famille de notables, en offre un bon exemple.

La rue présente également une maison à colombages au numéro 8 (classée monument historique).

Vers le haut de la rue, existaient des maisons médiévales avec des baies romanes en pierre dont la plupart furent démolies à la fin du XIXe siècle."


La rue de la Grand'Côte :  



"La fontaine du Buc (fon del Buc)

Cette ancienne fontaine porte le nom occitan de la rue la Costal del Buc, allusion à la topographie en creux du quartier des Combes.

Présente dès le Moyen Âge, elle faisait partie d'un important réseau de puits et de fontaines alimenté par des sources souterraines.

Jusqu'aux grands travaux d'aménagement hydrauliques du XIXe siècle, la fontaine du Buc approvisionnait en eau potable les habitants des quartiers des Combes et de la Rivière."


La fontaine ne paie pas de mine et le panneau n'a qu'un intérêt historique. 



La lecture de cette phrase sur la devanture d'un magasin, me rappelle une anecdote contée par la guide lors de notre visite du château du Bosc, demeure familiale de la famille de Toulouse-Lautrec. Il paraît que lorsque Henri recevait au château ses amis parisiens, il mettait des poissons vivants dans les carafons d'eau afin que ses hôtes n'aient d'autre choix que de boire du vin.



Nous arrivons en vue de la halle.
En 1902, Thierry Bourdois (architecte) et André Michelin (concepteur de charpentes métalliques) entreprennent la construction d'une halle de forme triangulaire de type "pavillon Baltar". La halle couverte inaugurée en 1905 est aujourd'hui classée aux Monuments Historiques.
Elle a fait l'objet d'importants travaux qui ont duré trois ans
Ces derniers ont permis en outre de créer un parking sur trois niveaux en dessous de la structure. De même, depuis 2007, date de sa réouverture, le bâtiment s'est agrémenté d'un niveau supplémentaire, proposant ainsi une surface plus grande à ses usagers.







A deux pas de la cathédrale, la collégiale Saint-Salvi vidée de ses chanoines n'est plus qu'une église de nos jours.
Si elle a été édifiée aux XIème et XIIème siècles, au fil du temps d'autres constructions se sont mêlées à la bâtisse initiale. Aussi les styles diffèrent, on passe du roman au gothique, de la pierre à la brique.

Le clocher témoigne de l'évolution de la construction et des styles. Il se termine par une tour de guet "la gachole" parée des armoiries de la ville.








"La chapelle des âmes du purgatoire :

Chapelle du XIVe siècle

Mobilier  

L'autel : Style néo-gothique en marbre noir et blanc.

La statue à droite : La Vierge à l'Enfant, copie de Raoul Vergnes d'après l'original situé dans le choeur de la cathédrale Sainte-Cécile.

Sur le mur de gauche : Le Jugement dernier par le wallon Jean Hourde (1625). 

Registre supérieur : Le Tribunal céleste représentant le Christ juge, la Vierge et saint Jean Le Baptiste.

Au centre : Des anges soufflent dans les trompettes, signal de la résurrection. 

Registre inférieur : La séparation des élus et des damnés."

 



"La chapelle Sainte-Thérèse de Lisieux :

Probablement édifiée au XVe siècle, cette chapelle fut dédiée à sainte Thérèse, carmélite de Lisieux, après sa canonisation en 1925. 

Mobilier :

Sur l'autel : Statue représentant Thérèse et l'Enfant Jésus - Un tabernacle - Deux reliquaires dont un contenant le chef de sainte Ségolène et des ossements de saint Georges, sainte Claire et saint Prime.

Sur le mur de gauche : Toile de saint Jérôme au désert, réalisée par Fredon (peintre allemand de passage à Albi en 1676).

Au sol

Deux dalles funéraires (inscrites Monument Historique) :

  • Celle d'Antoine de Boyer (1710) docteur en théologie, prêtre et chanoine de Saint-Salvi.

  •  Celle de Marguerite de Bermond du Caylar (1725), épouse de Jean de Marliave, premier consul d'Albi en 1688."

 



"Chapelle Saint-Laurent :

Particularités : Cette chapelle se distingue des autres chapelles de la nef par :

  • Sa profondeur réduite (due à la présence, à l'arrière, de l'escalier de la tour du nord).

  •  Sa voûte en berceau plein cintre qui remplace la voûte sur croisée d'ogives.

Mobilier :  

Retable de 1737 (en bois, encadré par deux colonnes en marbre), portant une statue de saint Laurent (bois sculpté, doré et peint, classé Monument Historique).

Statues réalisées au XVIIIe siècle (bois sculpté doré et peint, classées Monument Historique) : sainte Thérèse d'Avila ( à droite) et sainte Catherine de Sienne (à gauche). "

 


"Chapelle Saint-Jean le Baptiste :

Absidiole romane édifiée à la fin du XIe siècle

Mobilier

Ensemble de la première moitié du XVIIIe siècle, réalisé au moment de la campagne de modernisation du décor intérieur de la collégiale qui fut initiée par le prévôt Antoine de Metge (1717-1749).

Autel : Retable en bois sculpté, doré et peint (classé Monument Historique).

Au-dessus : Huile sur toile représentant le Baptême du Christ, surmontée d'un fronton semi-circulaire, orné de la figure du Père éternel au milieu des anges (classée Monument Historique). 

Statue de sainte Germaine.

Au sol : Dalle funéraire de Jean Niel, date inconnue, (inscrite Monument Historique). 

Décor 

Sur la voûte en cul de four : décor néo-Renaissance du XIXe siècle, composé de rinceaux, d'arabesques et de médaillons (saint Jean Le Baptiste, au centre, et ses parents, Elisabeth et Zacharie)." 

 





"Chapelle de la Vierge :

Absidiole romane édifiée à la fin du XIe siècle.

Mobilier 

Retable de la première moitié du XVIIIe siècle, en marbre et bois sculpté, peint et doré (classé Monument Historique), réalisé au moment de la campagne de modernisation du décor intérieur de la collégiale qui fut initiée par le prévôt Antoine de Metge (1717-1749). 

Au centre :

Statue de la Vierge à l'Enfant, surmontée d'un fronton à triangle rayonnant, symbole de la Trinité.

Deux statues polychromes : Esther et Judith, copies de Raoul Vergnes d'après les originaux de la cathédrale Sainte-Cécile.

Décor : Voûte en cul de four portant une Assomption, peinte par Céroni au milieu du XIXe siècle. "

 













"Groupe sculpté dit Ecce Homo

Cet ensemble sculpté en bois polychrome date de la fin du Moyen Âge (fin XVe - début XVIe siècle).

Six personnages grandeur nature (entre 1.72m et 1.80m) sont disposés de part et d'autre d'un Christ aux liens (Ecce Homo) ; ils représentent les scribes et membres du Sanhédrin (assemblée législative du peuple juif).

Cette composition représente un épisode de la Passion, où le Christ, après avoir été fouetté, revêtu d'un manteau pourpre et couronné d'épines par dérision, est présenté à la foule par le procurateur romain Ponce Pilate, qui aurait alors prononcé cette phrase : "ecce homo" signifiant "voici l'homme".

Il est probable que cet ensemble ait été réalisé par un atelier local et qu'il ait été positionné  à l'origine sur la clôture de choeur détruit à la Révolution, pour être ensuite disposé dans le sanctuaire, puis après 1880, sur des consoles à la base des vitraux du pourtour du choeur. A la suite d'une exposition en 1961, ces statues ont été installées sous l'orgue côté ouest.

L'ensemble est classé au titre des Monuments Historiques depuis 1965." 

 





"La chapelle du Sacré-Coeur :

Edifiée au XIVe siècle, cette chapelle n'a reçu sa dédicace actuelle qu'à la fin du XIXe siècle, Jeanne de France, canonisée en 1949, y est également honorée ; fille du roi Louis XI, épouse répudiée de Louis XII, elle fonda l'ordre des Annonciades.

Mobilier

Sur le mur de droite : Glorification de Jeanne, huile sur toile du XVIIIe siècle (inscrite Monument Historique). Cette oeuvre provient du couvent des Annonciades d'Albi (détruit à la Révolution, ce couvent se trouvait à proximité du palais épiscopal).

Sur le mur de gauche : Vaste peinture murale de la fin du XVIIe siècle (classée Monument Historique). 

Registre supérieur : Une crucifixion encadrée des deux saints évêques Salvi et Blaise.

Registre inférieur : Deux scènes flanquent une Déposition : sainte Carissime ravitaillée par un ange (à gauche) et la décapitation de sainte Foy (à droite)." 

 


"La Chapelle Saint-Roch :

Très populaire dans le Midi de la France, saint Roch fut particulièrement vénéré à Albi. Son culte, lié aux épidémies de peste, se répandit à partir du XVe siècle.

Depuis 1783 la confrérie de saint Roch, qui siégeait dans cette chapelle, possédait une relique du saint conservée dans une statue reliquaire.

Mobilier :

L'autel, de style néo-flamboyant. Statue de saint Roch, fin XVIIe siècle ou début XVIIIe siècle en bois sculpté, doré et peint, (inscrite Monument Historique).

Deux reliquaires du XVIIe siècle contenant des ossements des saints martyrs Dioscore, Censorin, Sulpicin et Césaire.

Sur les murs latéraux : Inscriptions et documents rappelant les différents voeux de la ville aux saints Roch et Salvi." 

 


"La Chapelle Saint-Louis :

Longtemps dédiée au saint Crucifix, cette chapelle est aujourd'hui un lieu de dévotion au roi de France Louis IX. L'existence d'une chapelle portant ce dernier vocable est attestée à Saint-Salvi depuis 1551. 

Mobilier

L'autel, réalisé au XVIIIe siècle est agrémenté d'un tabernacle  à ailes en bois, peint et doré. 

Sur le mur de gauche : Déploration du Christ, oeuvre flamande du début du XVIe siècle (classée Monument Historique). Il s'agit de l'élément central d'un retable dont les paires de volets qui se refermaient sur le fronton et sur le registre inférieur ont disparu."

 




"Le grand orgue

Le grand orgue a été réalisé en 1737 par le facteur lorrain Christophe Moucherel, chargé par ailleurs de la confection des grandes orgues de la cathédrale Sainte-Cécile, à partir d'éléments d'instruments plus anciens et en remplacement du petit orgue de choeur qui se trouvait alors à côté du jubé.

Le buffet a été classé au titre des Monuments Historiques en 1943. 

De forme légèrement convexe, il comporte un grand faisceau central à neuf tuyaux, flanqué de quatre tourelles coiffées de dômes d'où s'échappent des flammèches et de quatre plate-faces (compartiment de la façade sur laquelle les tuyaux sont alignés de manière rectiligne). Le positif (petit buffet) est flanqué de deux petites plate-faces et doté de trois tourelles couronnées de fleurs.

Sur les panneaux supérieurs ont été accrochés par la suite deux médaillons ovales, bordés de palmes et ornés de représentations de saint Salvi crossé et mitré.

Une statue de la Renommée sonnant de la trompette, surmonte l'ensemble.

Après de nombreuses réparations, la paroisse, sous l'impulsion du chanoine Vayssière, musicien et organiste, passe commande à la célèbre manufacture d'orgue, Puget, implantée à Toulouse, pour moderniser et remanier la partie instrumentale entre 1921 et 1931.

Cet orgue offre aujourd'hui des sonorités d'esthétique "romantique" qui permettent un répertoire musical complémentaire à celui de Sainte-Cécile."


Et niveau musique, les 8 cloches de l'église ne sont pas en reste. Elles sonnent tous les jours et égrènent même quatre fois par jour quelques notes de morceaux d'oeuvres liturgiques. 



Quelques sculptures de chapiteaux :




"Le cloître Saint-Salvi

La construction du cloître fut dirigée par Vidal de Malvesi à partir de 1270. En remerciement, les chanoines l'autorisèrent à faire bâtir, pour sa sépulture, un enfeu très original sur le flanc sud de la collégiale.

Après les destructions de la Révolution seule subsiste aujourd'hui la galerie méridionale. Elle associe des formes romanes comme les arcs en plein-cintre ou les chapiteaux à personnages, à des éléments gothiques, tels que des gâbles aigus sur les piliers d'angles ou les motifs végétaux. 

Depuis le cloître, un passage couvert permet de gagner la place située au chevet de la collégiale. Elle était le coeur de la "canourgue", ancien quartier canonial composé des demeures des chanoines." 

 












"La rue Mariès

Cette rue a été percée en 1853-1857 au coeur du bourg médiéval de Saint-Salvi, pour établir une liaison entre le coeur épiscopal et la place du Vigan.

Elle porte le nom d'un ingénieur et urbaniste de la fin du XVIIIe siècle et du début du XXe siècle Jean-François Mariès (1758-1851). 

Considéré comme un précurseur de Haussmann, J.F. Mariès élabora un plan d'urbanisme qui transforma le coeur de la cité afin de faciliter la communication entre la vieille ville et le nouvel axe de circulation qu'était la route royale (actuelles lices Pompidou) : percement de nouvelles rues (Sainte-Cécile, Mariès), démolition de maisons médiévales, aménagements de boulevards et avenues, etc.

  • Au n°6 de la rue Mariès se trouve une belle façade en briques et colombages (XVIe siècle) classée monument historique." 




"Maison Enjalbert (XVIe siècle)

Elle possède la structure des maisons traditionnelles à colombages, mais la mise en oeuvre de la brique particulièrement élaborée témoigne du soin accordé au montage des murs à l'époque de la Renaissance.

Les bois d'encadrement, seules parties visibles à l'époque où la maison était recouverte d'un enduit, sont sculptés. Ils présentent de nombreux ornements Renaissance sur les pilastres, sur les frontons et au-dessus de la porte d'entrée. Une figure phallique sur la fenêtre marque la rupture avec l'époque précédente dominée par les représentations éminemment religieuses.

La maison Enjalbert, contemporaine de l'hôtel Reynès situé à proximité témoigne de la splendeur de l'âge d'or du pastel à Albi."


La maison Enjalbert :  










"Le pastel à Albi ou l'âge de l'or bleu (1450-1560)

Le pastel est une plante tinctoriale cultivée dans le triangle d'or délimité par le Lauragais,le Toulousain et l'Albigeois. Un bleu indélébile de grande qualité utilisé en teinture, était obtenu après broyage des feuilles façonnage de "boules de cocagne", séchage et traitements divers.

Exporté de France vers divers pays d'Europe, son commerce favorisa la prospérité du Midi Toulousain et de l'Albigeois, surnommés "pays de Cocagne".

Comme Toulouse, Albi conserve de nombreux hôtels Renaissance, vivants témoignages de ce renouveau économique et artistique." 

 





"Hôtel Reynès (XVIe siècle)

Fleuron de la Renaissance albigeoise, cet hôtel fut construit pour Roger Reynès, marchand enrichi par le commerce du pastel au début XVIe siècle. 

A l'intérieur, une belle cour associe briques et pierres ; elle est bordée d'un côté, d'une galerie-loggia à l'italienne et de l'autre, par les bustes de François Ier et de sa seconde épouse, Eléonore d'Autriche.

La tour qui surplombe la cour appartenait à l'origine à l 'hôpital Saint-Jacques, situé à l'emplacement de l'actuelle Préfecture"


L'Hôtel Reynès :  












"Découvrez l'HÔTEL DE VILLE

Un peu d'histoire

Avant le milieu du XIIIe siècle, les prud'hommes puis les consus se réunissaient sous les couverts de la place de la Pile à proximité de la cathédrale ou bien dans une église, une maison, voire même dans une boutique.

Le terme de "maison commune" est mentionné pour la première fois dans les textes en 1285. Il s'agit alors d'une petite maison acquise par la ville située dans un immeuble de la rue Galinaria (rue de la volaille), actuelle rue de l'Oulmet. A partir de 1391, les consuls lui préfèrent un local plus vaste rue de la Sabataria (rue de la chaussure), au coeur d'un quartier animé et commerçant ainsi qu'en témoignent les noms occitans des rues.

La maison commune du Moyen-Âge sert de lieu de délibération. Son aménagement est relativement sommaire, le mobilier se compose d'une table, de quelques bancs, d'un coffre pour mettre les papiers et de paille répandue sur le plancher pour isoler les pieds des consuls du froid de l'hiver... Ce local sera néanmoins utilisé durant trois siècles puis devenu trop exigu, il sera vendu par la ville pour être démoli dans les années 1900 lors de la construction du marché couvert.

En 1728, la ville achète l'hôtel particulier de Saint-Hippolyte puis d'Etienne de Martin, trésorier de France, bâti au XVIIe siècle.

Ce bâtiment a abrité un certain temps un "dépôt de mendicité". Il constitue aujourd'hui le siège principal de la mairie;

Le bâtiment de l'Hôtel de Ville est un monument historique inscrit depuis le 21 juin 1971." 

 


"Les armoiries de la ville

Depuis la rue de l'Hôtel de Ville, vous entrez par un beau portail Louis XIII avec ses pierres en bossage qui s'ouvre sur la cour intérieure d'où vous pouvez voir également une belle porte Renaissance au fronton curviligne surmontée des armoiries de la ville. On les retrouve sur le sol où elles sont figurées en calade.

Les armoiries de la ville portent la devise : "STAT BACCULUS VIGILATQUE LEO, TURRESQUE TUETUR" (la croix se dresse, le lion veille et protège les tours) Cette devise date de 1764.

Description des armoiries :

"De gueules au château crénelé de quatre pièces d'argent, maçonnée de sable ouvert de champ de deux portes coulissées d'argent, d'un léopard d'or, les pattes posées sur les quatre créneaux, le tout brochant sur une croix archiépiscopale d'or posée en pal, adextrée en chef d'un soleil du même et senestrée d'une lune en décours d'argent".

Elles sont représentées à plusieurs reprises à l'intérieur de l'Hôtel de Ville et notamment dans la salle des Etats albigeois dans laquelle on les trouve à la fois peintes sur les poutres du plafond et accrochées au mur. Sous ces armoiries, on installa en 1952 un buste de Jean Jaurès et deux bas-reliefs, réalisés à partir de moulages en plâtre par le sculpteur Gabriel Pech.

Les principaux éléments représentent : 

  • Une tour crénelée à deux portes, symbolisant l'enceinte de la ville fortifiée ;

  •  La croix à double branche, évoquant le pouvoir épiscopal puis archiépiscopal à partir de la fin du XVIIIe siècle ;
  • Le léopard, symbole de la force, qui protège la tour ; 

  •  Le soleil et la lune, symbolisant la protection de jour comme de nuit. Ces deux éléments étaient présents sur les armoiries des Comtes de Toulouse puis du Languedoc."

 


"Par la porte Renaissance qui se trouve dans la cour, on accède au 1er étage à la salle des Etats albigeois.

Lorsque l'hôtel particulier du XVIIe siècle fut vendu à la ville, un emprunt pour couvrir la somme de 5 500 livres demandée fut contracté par la commune auprès du baron de Villefranche. Celui-ci accepta de prêter la somme à condition que la "grande salle" puisse être utilisée alternativement par les Consuls de la ville et par les assemblées des Etats albigeois (chargées de la gestion du diocèse).

En 1742, le peintre albigeois Prades fut chargé de la réalisation du décor reproduisant les écus des principales autorités civiles et religieuses de l'ancien comté d'Albi.

Peints sur la face verticale des poutres, on trouve les armes du royaume et de la province du Languedoc, la viguerie d'Albi, les chapitres de la cathédrale Sainte-Cécile et de la collégiale Saint-Salvi, le chapitre collégial de Gaillac, l'abbaye de Candeil, l'archevêque de la Croix de Castres et les 19 villes principales de la judicature qui étaient représentées à l'Assemblée.

Après 1874, la salle prit le nom de "salle des Etats albigeois) rappelant ainsi les assemblées qui s'y déroulaient.

Aujourd'hui, elle sert de cadre pour la célébration des mariages, les réunions du conseil municipal et l'accueil de personnalités.

Le mur de la salle est couvert d'une fresque peinte entre 1934 et 1939 par Joséphine Baudoin. Elle représente une allégorie de la vie albigeoise à travers les âges :

  • Au centre, la cathédrale et le palais des évêques structurent la composition et surmontent les armoiries de la ville ; 

  •  A droite, sont représentées Cordes-sur-Ciel, les guerres de religion et la croisade contre les Albigeois ;
  • A gauche, la représentation d'une famille de mineurs est peinte au premier plan, avec le dépôt de charbon de Pélissier situé au nord d'Albi pour évoquer l'ère de l'industrialisation albigeoise ; 

  •  Plus récente, la période du début des congés payés de 1936 est aussi suggérée par la présence d'un couple à bicyclette."

 


"Le plafond du bureau du maire

Avec un peu d'attention, on peut identifier parmi les oiseaux, la huppe, la bécasse, le faucon crécerelle, la chouette, la cigogne, le coq, la grive ; on reconnaît également un renard, un lapin, un singe et un griffon.

Le bureau du maire possède un beau plafond peint évoquant la nature. Il fut exécuté en 1685 par Jacques Roumegoux, disciple de Roland Couplet, l'auteur du plafond peint du "Salon doré" du palais de la Berbie. Lors de sa restauration en 1943, les initiales J.R. ont été découvertes par M. Petit, ainsi que la mention de la date Anno domini 1685.

Chaque partie du plafond se couvre d'un décor soigné composé d'éléments très réalistes :

  • Des feuilles de lierre courent sur les solives ; 

  • Des fleurs, oiseaux, mammifères familiers prennent place sur les merrains. Les peintres ont pris soin d'alterner fleurs et oiseaux, mais également leur orientation vers la droite ou vers la gauche ;
  • Des vases débordant de fleurs sont soutenus par des draperies sur les joues des poutres. Ils encadrent des paysages peints dans des cartouches."


L'Hôtel de Ville  : 



"Sous le règne de Louis XV, Roi de France, avec l'assentiment et la faveur de très illustre et très révérend prince de l'Eglise Monseigneur Amand Pierre de la Croix de Castries, archevêque et seigneur d'Albi, les citoyens d'Albi firent choix de ce nouvel hôtel, plus vaste et l'achetèrent pour leur usage, l'an de la Rédemption : 1728. (Traduction H. Bru)"


La rue de l'Hôtel de Ville débouche sur la place du Vigan et sa fontaine. Les colonnes d'eau surgissent entre les dalles apportant un brin de fraîcheur en été.



La place se prolonge par le Jardin National qui amène un peu de verdure en plein centre-ville et où il fait bon se poser sur un banc. C'est en fait une jolie allée bordée de part et d'autre de massifs et d'arbres.


Au milieu du "Jardin National", près du kiosque à musique, la baigneuse de Michel Guyot.



"Le Patus Crémat

Ce quartier, tire son nom d'un ensemble de maisons qui brûla en 1643 (des termes occitans : patus : place, espace public et cremat : brûlé)

Dans les années 1960, il avait été envisagé de raser ce quartier aux maisons vétustes et sans confort, pour y édifier des ensembles contemporains. Les réhabilitations, qui se sont succédées à la fin du XXe siècle, ont permis de sauvegarder l'essentiel des maisons anciennes. L'aménagement de logements confortables et la rénovation de façades ont redonné vie à l'ensemble, comme le révèlent les deux places du quartier et les rues adjacentes." 



"Le Palais de justice

ancien couvent des Carmes

(XVIIe siècle)

En 1568, le couvent des Carmes, placé hors les murs, fut démoli pour les besoins de la défense de la ville durant les guerres de religion et édifié intra-muros à cet emplacement. Le bâtiment, propriété du Conseil général du Tarn, abrite aujourd'hui le Palais de justice. Il reste du couvent des Carmes un cloître harmonieux et austère, élevé au début du XVIIe siècle, et quelques salles voûtées utilisées par le tribunal."


Juste à côté du palais de justice, nous arrivons devant le portail fermé de la Maison de l'Amitié. 

Dommage ! 

Car si la façade ne paie pas de mine à l'extérieur, du moins elle n'a rien de particulier, la bâtisse cache une jolie cour qui a un certain attrait. Mais il semble que l'Amitié soit en berne aujourd'hui. 

 


"La maison de l'amitié

Ce bâtiment correspond à l'ancien collège Sainte-Croix (1887-1970) qui occupait trois hôtels particuliers construits aux XVIe et XVIIe siècles par des marchands de pastel fortunés.

Ces divers éléments aujourd'hui bien restaurés, s'organisent autour d'une cour, bordée d'une succession d'arcades et de baies bien combinées. Elle est dominée par une élégante tour du XVIe siècle. La maison de l'amitié, lieu de vie proposant diverses activités et services, y est installée depuis 1973." 

 




"L'hôtel des Ambassadeurs (XVIIe siècle)

A l'angle de la rue des Nobles et Roquelaure, ce vaste hôtel particulier conserve une cour et une élégante porte Renaissance de 1616.

Il abrita au XIXe siècle, un hôtel des voyageurs dénommé des "Ambassadeurs"." 


Ce sera l'unique photo, car l'hôtel des Ambassadeurs se fait bien discret derrière son portail fermé. 

 


"L'hôtel de Saunal (XVIe siècle)

Ancien hôtel de Simon Saunal, marchand enrichi par le commerce du pastel.

Comme les autres hôtels particuliers Albigeois de la période Renaissance, l'hôtel de Saunal s'organise autour d'une élégante cour intérieure, flanquée d'une tour que l'on aperçoit au-dessus des toits, symbole de l'ascension sociale du propriétaire." 

 





Non, je n'ai pas pillé les plates-bandes !
Mais du temps où nous étions en train de découvrir la ville, un employé à mis à mal les derniers cosmos encore présents sur l'aire cc.
Et je déteste voir les fleurs maltraitées ainsi, j'ai "recueilli" les fleurs tombées au sol, du moins celles épargnées par le fil de la débroussailleuse.

Il n'est pas beau mon bouquet ?

Ce n'est pas tout et je suppose que la visite d'Albi vous intéresse bien plus que mes talents en art floral...😉

Nous reprenons donc le cours de la balade du côté du quartier de la Madeleine (par où j'ai commencé cet article) et par son église.


"L'église de la Madeleine

Edifiée entre 1848 et 1851 par l'architecte toulousain Rivet, pour remplacer l'ancienne église de la Madeleine qui se dressait rive droite au débouché du pont Vieux, elle s'inspire du style néo-classique en vogue à cette époque à Paris.

L'église possède un riche décor intérieur dont les éléments majeurs, commandés à des artistes de qualité, ont été réalisés entre 1860 et 1863 : fresque du grand choeur par Romain Cazes, élève d'Ingres, décor de la voûte par l'architecte décorateur Alexandre Denuelle, vitraux du maître-verrier Louis-Victor Gesta.

L'église possède également un orgue classé monument historique, construit en 1897 par la célèbre maison de facteurs d'orgues "Théodore Puget"." 

 



La visite de l'église est d'autant plus courte que celle-ci est fermée.
Le temps de prendre quelques photos de sa façade qui me fait penser à un temple et d'une jolie croix adossée contre un mur.



Quelques cents mètres plus loin, nous arrivons au musée Lapérouse dont le jardin surplombe le Tarn.


Quelques photos qui donnent le ton mais il faut le voir pour l'apprécier vraiment.


"Le musée Lapérouse

Le musée évoque l'exploration du Pacifique, à la suite des voyages de Cook, par le navigateur d'origine albigeoise Jean-François Galaup de Lapérouse, dont l'expédition s'achève tragiquement sur les récifs de Vanikoro en 1788 au nord-est de l'Australie. Sa trace ne sera retrouvée qu'en  1827 et, depuis, les recherches se poursuivent pour retrouver ce qui fût une expédition majeure du siècle des Lumières.

Le musée présente des maquettes des navires de Lapérouse, la Boussole et l'Astrolabe, l'itinéraire de son voyage et des objets provenant du lieu du naufrage. Il relate aussi les diverses expéditions menées sur ses traces.

Devant le musée, le square a été baptisé Botany Bay en souvenir de la baie de Sydney où Lapérouse fit sa dernière escale." 

 


"LAPEROUSE MARIN ALBIGEOIS DU XVIIe SIECLE

Jean-François de Galaup naquit en 1741, au manoir du Go, en terre albigeoise qui a donné nombre de marins à la France. Jean-François fit suivre son nom de Lapérouse, un domaine des environs d'Albi.

Il fut élève du Collège des Jésuites d'Albi (Lycée Lapérouse actuel).

A 15 ans, il entra aux gardes-marines à Brest, encouragé par son parent Clément de la Jonquière. Il participa à la lutte contre l'Angleterre durant la Guerre de Sept Ans (1756-1763).

Entre 1772 et 1777, envoyé dans l'Océan Indien, il combattit aux Indes, séjourna à l'Île de France (aujourd'hui île Maurice). Là, il rencontra Eléonore Broudou, belle mais peu fortunée. Il avait 36 ans, mais son père s'opposa à un mariage qu'il considérait comme une mésalliance. Ce n'est que deux ans plus tard que ce dernier l'émancipa.

Durant la Guerre d'Indépendance Américaine (1778-1783), Lapérouse se signala dans plusieurs combats glorieux contre les Anglais : au Cap-Breton (île du Canada) et dans la baie d'Hudson où il conduisit une expédition audacieuse pour détruire les forts Anglais.

En 1783, la paix revenue, à 42 ans, il épousa enfin Eléonore et la conduisit à Albi.

En 1785, Lapérouse avait 44 ans. C'était un capitaine de vaisseau expérimenté, un chef audacieux et humain." 

 






"LA BOTANIQUE

Toutes les disciplines scientifiques furent intéressées au voyage de Lapérouse : la botanique y occupa une bonne place avec les botanistes Lamartinière, Dufresne, aidés du jardinier Collignon, des dessinateurs Guillaume Prevost et de son neveu...

Un assistant de Buffon fit fabriquer les paniers et caisses nécessaires au transport des plantes et arbustes ; on peut voir des reconstitutions de ces paniers et caisses, réalisées par des artisans albigeois, d'après les dessins de Duché de Vancy, conservés dans le recueil des instructions.

La mission de ces botanistes était double : recueillir des plantes "utiles" dans les pays rencontrés mais leur apporter aussi des plantes européennes ; on avait embarqué à Brest, à cette intention, plusieurs hectolitres de graines et semences et des dizaines d'arbres ou arbustes. 

Lapérouse nous a raconté un exemple de cette mission humanitaire à l'Ile de Pâques : "Nous n'avons...abordé dans leur île que pour leur faire du bien : nous les avons comblés de présents ; nous avons accablé de caresses tous les êtres faibles, particulièrement les enfants à la mamelle. Nous avons semé dans leurs champs toutes sortes de graines utiles. Nous avons laissé dans leurs habitations des cochons, des chèvres, des brebis qui s'y multiplieront vraisemblablement. Néanmoins, ils nous ont jeté des pierres et ils nous ont volé tout ce qui était possible d'enlever..." 

 




Détails de la maquette ci-dessus : 













"Crâne humain sur modelé

Terre crue, Coquillages

Sepik, nord de la Nouvelle Guinée

Sans date 

Musée Lapérouse, achat 2009

La tête était considérée comme la partie la plus sacrée d'un homme. Les crânes étaient des trophées de guerre rapportés des expéditions terrestres ou des raids maritimes. La possession du crâne d'un ennemi permettait de s'attribuer sa force et représentait une forme d'hommage. Les crânes sur modelés étaient traditionnellement utilisés lors de rituels de prospérité." 

 




Verdict : Nous avons bien aimé flâner dans ce musée, nous plonger dans l'univers de M. de Lapérouse. De la lecture, juste ce qu'il faut, de superbes maquettes et des objets de l'expédition trouvés sur le lieu du naufrage, le tout exposé avec élégance sous de belles voûtes de briques.
 


Une vue du musée Lapérouse après avoir franchi le Tarn, nous voici de nouveau sur la rive côté cathédrale.



"L'hôtel de Gorsse

Cette vaste demeure, entre cour et jardin, fait partie des nombreux hôtels particuliers construits aux XVe et XVIe siècles.

Elle a appartenu à diverses familles marquantes dans l'histoire d'Albi dont la famille de Gorsse qui donna naissance à des notaires, des viguiers, des maires, des administrateurs, un général et député...

La partie occidentale présente deux élégantes façades avec des éléments caractéristiques de l'art gothique. Elles se marient à une imposante tour Renaissance qui abrite un magnifique escalier à volées droite, surmonté de croisées d'ogives." 

 


"La place de la Trébaille

Elle évoque une ancienne porte du même nom, aménagée dans la muraille dite "des chanoines" qui passait devant le clocher pour s'accrocher aux courtines de la Berbie.

Cette fortification séparait le Castelviel du reste d'Albi. Sa destruction au XIXe siècle permit d'établir une liaison commode entre les deux entités. Il reste de cette muraille la portion de mur qui borde la place à l'est.

 

Vestiges du cloître de la cathédrale romane 

Comme une invitation à descendre sur les berges du Tarn, ces vestiges de cloître en arcs outrepassés constituent une fenêtre ouverte sur le paysage.

Ils sont les témoins du cloître roman de l'ancienne cathédrale qui existait entre le monument actuel et le palais de la Berbie."


La cathédrale enfin ! 




"La cité épiscopale

La cité épiscopale constitue l'un des plus grands ensembles monumentaux de briques au monde.

Elle est dominée par la puissance de monuments exceptionnels : la cathédrale Sainte-Cécile et l'ancien palais forteresse des évêques, la Berbie.

Autour de ces lieux de pourvoir et de la place Sainte-Cécile, modeste "plassa" à l'époque médiévale, se sont progressivement structurés les plus anciens quartiers d'Albi : Castelviel, Castelnau, bourg Saint-Salvi, etc.

Longtemps envahis de véhicules, les abords de la cathédrale ont fait l'objet d'aménagements urbains en 2004-2005. Ils ont permis de rétablir l'articulation avec les rues du centre historique et de révéler différents monuments ou espaces qui en constituent l'unité : places de la Pile, monseigneur Mignot, de la Trévaille, parvis baldaquin, chevet de la cathédrale." 

 



Mais je vais vous laisser sur votre faim, la cathédrale fera l'objet du prochain article.
Pour l'instant, nous descendons vers le Tarn et la passerelle. C'est un quartier si tranquille qu'on n'a ni l'impression d'être en ville, ni celle de se trouver à quelques 200 m de la cathédrale, haut lieu touristique de la ville.

Elle est pourtant en point de mire la cathédrale mais elle n'empêche pas ce chat de se taper un roupillon sur le rebord de fenêtre, certainement satisfait de capter quelques rayons de soleil.




Un autre matou confortablement installé au milieu de cette petite place bordée de maisons pour certaines à encorbellement et à pans de bois.






Et voici la passerelle non encore ouverte au public...mais le jour où elle le sera, elle permettra de gagner bien du temps.






"AMIRAL HENRI (ADRIEN BARTHELEMY LOUIS) RIEUNIER
(Castelsarrasin 6 mars 1833 - Albi 10 juillet 1918)
Ancien Ministre de la Marine
Grand-Croix de la Légion d'honneur - Médaille Militaire

Cette maison du Castelviel fut le berceau familial de l'Amiral Rieunier.

Issu d'une famille albigeoise, il embrasse une carrière de marin et de navigateur qui le conduit sur toutes les mers du globe.

Défenseur dévoué de la Patrie, il participe à toutes les campagnes militaires de Napoléon III, et accomplit une carrière militaire, diplomatique et politique remarquable (Légion d'honneur à 22 ans, capitaine de vaisseau à 38 ans, amiral à 48 ans)... Il participe à plusieurs campagnes en Extrême-Orient (Cochinchine - Annam - Cambodge - Chine - Corée - Japon). Ses missions diplomatiques au Japon font de lui l'un des principaux témoins français de la "Rébellion de Satsuma", événement d'importance de l'ère Meiji qui signe la fin du règne des samouraïs.

Sa bravoure et ses états de services lui valent de nombreux honneurs, il fut notamment gouverneur militaire de Rochefort (1889) et de Toulon (1890), commandant en chef de la Ire Armée navale (1891-1892), puis Ministre de la Marine (1893) et enfin Député de Rochefort-sur-Mer à l'Assemblée Nationale (1898-1902).

Ses obsèques furent célébrées le 12 juillet 1918 en la Cathédrale Sainte-Cécile d'Albi." 

 


"Le Castelviel

Le Castelviel est considéré comme le berceau d'Albi. Sa situation, sur un éperon rocheux, offrit dès l'âge du bronze un site défensif, propice à un établissement humain fortifié (oppidum).

Le toponyme occitan Castelviel, en français "le vieux château", renvoie à l'ancien bourg fortifié. Après la croisade contre les Albigeois, le Castelviel devint possession de Simon de Montfort, chef des croisés, qui le transmit à son frère Guy, seigneur de Castres. Il forma une communauté distincte, séparée du reste de la ville par une muraille, jusqu'à ce que la Révolution unifie l'agglomération albigeoise.

De cette histoire particulière, le Castelviel a gardé une forte identité. Son charme s'opère au fil de rues aux noms évocateurs (rues du Paradis, des Orfèvres, Saint-Loup), de placettes réhabilitées comme la place Savène et de magnifiques points de vue sur la cathédrale... Le long du ravin du Bondidou, on peut encore voir les arcades des murs de soutènement qui supportaient les anciens remparts."


Maison de l'amiral Rieunier :  



Le parking du Bondidou payant dans sa première tranche, gratuit au fur et à mesure que l'on descend vers le Tarn avec en son milieu quelques places gratuites réservées aux cc.



"La rue Caminade

Cette rue longe l'ancien mur d'enceinte de la cathédrale, dont le soubassement et la tour d'angle sont toujours visibles.

Ces fortifications allaient de la porte de la Trébaille, située autrefois à l'entrée de la rue Caminade, jusqu'à la porte de Dominique de Florence, contre la cathédrale." 

 


"Résidence le Castelnau

Cette résidence, baptisée le "Castelnau", illustre le style d'habitations développées dans ce quartier aux XIIe et XIIIe siècles.

L'ensemble, organisé autour d'une cour intérieure, a conservé un puits et d'anciennes arcades. L'aménagement de logements sociaux et la réhabilitation en 1985 ont permis de conserver l'architecture typique du Vieil Alby et contribuent à rendre le centre ancien attractif."


Ce qui m'a le plus impressionnée, c'est d'être en pleine ville et n'entendre aucun bruit. 

 





Vous l'aviez-vu sur la photo ci-dessus ?









"La maison du Vieil Alby

C'est une des plus pittoresques maisons des rues de la Croix blanche et Puech Bérenguier, au coeur du Vieil Alby.

Achetée par la ville avant 1970, elle fut sauvée de la démolition et restaurée suivant le plan primitif. Elle retrouva ses colombages, un premier étage en encorbellement et un grenier ouvert, appelé "soleilhou", utilisé autrefois pour stocker les récoltes et notamment les coques de pastel.

Elle abrite aujourd'hui le siège de "l'Association pour la Sauvegarde du Vieil Alby" et sert de cadre à des animations sur le patrimoine albigeois et tarnais."


La Maison du Vieil Alby :  

 


Notre circuit se termine dans une petite rue, devant les maisons contiguës de deux célèbres albigeois, autrement dit Henri de Toulouse-Lautrec et M. de Lapérouse.
Au fond de la rue, au niveau du virage, la maison de Henri de Toulouse-Lautrec...


...avec à sa droite celle de M. de Lapérouse : 




"La maison du navigateur Lapérouse

Le célèbre navigateur Jean-François Galaup de Lapérouse (1741-1788), est né au manoir du Gô, près d'Albi. Il achète cette maison en 1780 pour accueillir Eléonore Broudou, son épouse. Ses exploits durant la guerre de l'Indépendance des Etats-Unis lui valent l'honneur d'être choisi par Louis XVI en 1785, pour diriger une mission scientifique autour du monde.

Son voyage d'exploration s'achève par le naufrage de ses deux frégates, la Boussole et l'Astrolabe, sur les récifs de l'île de Vanikoro, au Nord-Est de l'Australie. Le Roi, attaché à la personnalité du navigateur, aurait demandé avant de monter sur l'échafaud : a-t-on des nouvelles de monsieur de Lapérouse ?" 

 


Et voilà !
Demain, Météo France nous annonce de la pluie, aussi en prévision du mauvais temps à venir, nous changeons d'aire cc et nous nous installons sur celle du parking Bondidou.
Si elle est beaucoup plus petite, plus troublée par le bruit de la circulation, plus à l'ombre et sans services, elle a l'avantage de se trouver juste en dessous de la cathédrale et du centre-ville.
Nous y dormirons peut-être moins bien que sur l'aire de Pratgraussals mais serons bien plus près pour visiter à tour de rôle (chiens non admis) la cathédrale, le palais de la Berbie...

Coordonnées GPS de l'aire du parking Bondidou : N 43°55’38.7950’’ -  E  2°8’27.5270’’




Et pour terminer, la cathédrale Sainte-Cécile vue du parking : 


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