mercredi 2 septembre 2026

Espagne - Andalousie : Ronda - Mars 2023

 




Présentation de ce voyage (cliquer pour accéder à l'article et si le lien ne fonctionne plus : https://baladesmv.blogspot.com/2025/04/un-peu-plus-de-5-mois-dans-la-peninsule.html)


Pour préparer ce voyage, nous avons fait comme beaucoup, nous avons commencé par en tracer les grandes lignes, laissant tout de même la place à quelques surprises. Nous nous sommes fiés aux blogs de quelques voyageurs, avons consulté les sites touristiques.  Et pour l'Andalousie, la visite de Ronda nous est vite apparue comme étant incontournable.

Ronda ? Nous n'en avions jamais entendu parler jusque-là, mais nous y voilà !




L'aire camping-cars nous a semblé un peu éloignée, nous avons donc opté pour le parking de la gare, nous disant que si cela ne nous convenait pas à cause du bruit ou d'un "sentiment d'insécurité", il serait toujours temps de changer.

Le parking est payant, fermé par une barrière, clôturé sur trois côtés et nous y sommes quasiment seuls sur le coup des 16 heures, hormis quelques personnes attablées tout près, sur la terrasse du café de la gare.

Ni une ni deux, sitôt garés et le ticket de parking en poche, nous filons jusqu'à l'Office de tourisme...


... où l'on nous remet un plan de visite en même temps que l'on nous délivre quelques informations et où nous achetons un tout petit livre "Ronda Histoire-Monuments et information touristique - Plan de ville" qui nous servira bien durant ces quelques jours.

A première vue, il y a de quoi faire, nous n'allons pas chômer !


De la gare au centre-ville, nous longeons un bout de l'avenue Martínez Astein avant d'emprunter quelques rues pour rejoindre les rues piétonnières du centre-ville.


Autant dire que nous sommes passés maintes fois devant cette jolie fontaine qui change de couleurs le soir venu.


L'église Santa Cecilia construite au XVIIème siècle : 


Fermée lors de notre premier passage, nous avons eu tout de même l'occasion de la visiter un soir juste avant qu'elle ne ferme.

La même église à la nuit tombée : 



















Plus d'infos, vous avez le choix 😉 :






Voilà qui risque de ne pas plaire aux joueurs provençaux !



"La rue "La Bola"

Le surnom de "La Bola" que le quartier de Ronda donne à cette rue, dont le nom officiel est "Carrera de Espinel", a une origine curieuse.

Depuis que la construction du Pont Neuf, destiné à relier les zones historique et moderne, cette rue est devenue la plus fréquentée de la ville. Elle est tout autant un lieu de rencontre pour les loisirs, le shopping, les affaires, et aussi pour chercher l'amour et discuter un moment.

Après le quartier de San Francisco, c'est ici que les jeunes et les moins jeunes se réunissaient pour jouer au fameux "Jeu de la Balle", qui consistait à lancer une boule de fer d'environ trois kilos, sans se déplacer ou en courant, sur un sol en terre. Le joueur qui parcourait la distance fixée avec le moins de lancers gagnait.

D'autres histoires, celles-ci sans fondement, racontent que le nom provient d'une boule de neige, formée par les passants un jour de forte chute de neige. D'une certaine manière, cela n'a fait que favoriser la dénomination par laquelle tous les habitants de Ronda continuent à appeler cette rue aujourd'hui "La Bola".

Céramiques : Maria Quillés - 2017"


Mardi 14 mars 2023
Nous avons passé une partie de la matinée à étudier les sites à visiter de Ronda et reprenons vers 13 heures, la direction de l'Office de tourisme pour y acheter les tickets pour visiter la ville. Après réflexion, nous prenons deux "Bono Premium" qui inclut la visite de 10 sites pour 40 € (2x20 € pour les retraités et 2x25 € au tarif normal).
Les sites du "Bono Premium :
Le Pont Neuf, les Bains arabes, la Casa del Gigante, le Palais de Mondragón, le Musée Unicaja Joaquín Peinado, le Musée Lara, la Collégiale Santa Maria, la Casa Museo Don Bosco, le Musée del Carruaje et le Couvent de Santo Domingo.
Il apparaît qu'en 2026, au moment où je publie cet article, deux sites ne font plus partie de ce pass, le Musée del Carruaje et le Couvent de Santo Domingo.



Il est temps de découvrir Ronda, voici un méli-mélo de ce jour et des suivants :


La place del Socorro, nous nous y arrêtons un moment, le temps de nous plonger dans l'ambiance. Elle rassemble touristes et citadins aux terrasses des bars-restaurants, sur les bancs autour de sa fontaine. Les pergolas doivent fournir une ombre très appréciée par forte chaleur. Nous aurions bien visité l'église del Socorro aux superbes toits vernissés mais elle est fermée au moment de notre passage. Nous nous contentons d'admirer Hercule et ses lions.










A une rue de là, nous longeons le mur des arènes inaugurées à la fin du XVIIIème siècle.

Ce sont les plus anciennes d'Europe car c'est ici qu'est née la corrida malgré les tentatives infructueuses de la monarchie pour interdire cette manifestation du fait de sa dangerosité. Mais l'engouement populaire a eu raison des réticences du monarque.




Entre style néoclassique et baroque, le portail des arènes :






Nous ne les avons pas visitées mais pour plus d'infos : Arènes de Ronda - La Province - Diputación de Málaga

Quant aux taureaux, il est possible de visiter à 5 km de Ronda la Reservatauro, classée réserve de la biosphère par l'UNESCO et où vit un cheptel de taureaux de combat et de chevaux andalous : Bienvenidos a Reservatauro Ronda

Mais pour en revenir à la gente canine qui nous est plus familière, Guess, à son habitude, profite de nos balades pour faire connaissance avec quelques amis canins.


Un peu plus au nord-ouest, se trouve l'Alameda del Tajo avec son mirador des Rois Chrétiens, un très beau parc qui depuis deux siècles constitue un havre de verdure pour les habitants et les voyageurs.

Nous nous contentons de traverser la "Glorieta Miki Haruta" et prenons comme la foule autour de nous la direction du mirador de ce petit jardin public.

Et là, waouh ! 😲

Mieux vaut ne pas avoir le vertige...car la vue est superbe, et le vide véritablement impressionnant !




Du mirador, nous ne voyons pas le Pont Neuf qui se trouve derrière le grand bâtiment en bord de falaise et qui s'avère être un Parador, autrement dit un établissement hôtelier de prestige.





Le mirador où nous étions tantôt : 







"Voyageurs romantiques

L'industrialisation des pays du nord de l'Europe pendant les XVIIIe et XIXe siècles a entraîné la destruction de nombreux paysages naturels et la conscience du déracinement en raison des mouvements démographiques entre la campagne et la ville.

La perte de ce paradis naturel a fait que des jeunes de la haute société principalement se soient lancés dans un voyage sans précédent : le fameux Grand Tour à la recherche des racines de la civilisation, une tradition qui perdurera jusqu'au début du XXe siècle.

Les vestiges archéologiques - les ruines - de la Grèce et de l'Italie, les paysages sublimes des grandes montagnes européennes ou l'Espagne pittoresque étaient les destinations favorites. Eloignés de l'influence des Lumières et de la domination de la raison, l'attrait se concentrait sur les sensations offertes par l'expérience du "réel" sur les sens.

Dans les descriptions, on fait un usage intensif d'adjectifs comme sublime, énorme, fastueux, spectaculaire, etc...des termes qui décrivent un paysage idéalisé par le regard des artistes et des écrivains.

Ces voyageurs romantiques ont fait en sorte que l'Europe riche du Nord se tourne vers le Sud et découvre dans ces paysages comme ceux que nous pouvons contempler d'ici, un petit morceau de son paradis perdu. Leurs œuvres - romans, poésie, guides et illustrations - ont contribué à forger les clichés qui nous accompagnent encore aujourd'hui, parsemés de toreros, de mojas et de bandits, mais elles nous ont aussi aidés à apprécier notre patrimoine et nos traditions. Avec leurs témoignages passionnés, ils ont incité des centaines de personnes à entreprendre le voyage, puis ce furent des milliers et maintenant des millions. Que ce texte serve de modeste hommage à ces premiers touristes.

Il y a beaucoup de noms de voyageurs romantiques qui ont contribué à ce que l'Andalousie et Ronda soient aujourd'hui une destination touristique prisée par de nombreux Européens. Cependant, des œuvres comme "Contes de l'Alhambra" de Washington Irving (1832), ou "Manuel du voyageur en Espagne" de Richard Ford (1844), ou "La Bible en Espagne" de Georges Borrow (1843) - qui a inspiré des oeuvres comme Carmen de Mérimée, ensuite adaptée en opéra par Bizet, ont été celles qui ont eu le plus d'influence dans des pays comme l'Angleterre, l'Allemagne ou la France.

Au XXe siècle, des personnages universels attirés par la tauromachie comme Ernest Hemingway et Orson Welles ont fini par forger l'image d'une Ronda immuable et romantique.

Pour en savoir plus sur ceux qui ont écrit sur Ronda ou ont peint ces mêmes paysages, n'hésitez pas à visiter le Centre d'Interprétation du Pont Neuf."




La Place d'Espagne avec une des façades du Parador : 


Et voilà, le Pont Neuf, monument emblématique de Ronda !

Via ses piliers ancrés au fond de la Gorge de Tajo, un canyon profond d'une centaine de mètres, le pont relie la vieille ville historique à la partie plus récente de Ronda.



"PONT NEUF

XVIIIe siècle

Ce symbole universel de Ronda a été terminé en 1793, son architecte étant J. Martín de Aldehuela. Il mesure 98 m de hauteur et a permis la connexion du Quartier du Mercadillo avec l'ancien Quartier de la Ville."


Et dire que ce pont, construit à l'origine avec une seule arche, s'est effondré en 1741, 6 ans après sa construction, tuant 50 personnes !

Sous les yeux, nous avons la version de 1793.



Nous commençons par le Centre d'Interprétation du Pont Neuf où nous pouvons entrer avec Guess. Le tour en est vite fait car sitôt en bas des escaliers, seule une salle se visite, elle se situe au niveau de l'arche centrale et seulement quelques panneaux y sont exposés sur les murs (cf. fenêtre au milieu du pont).




De l'autre côté du pont, se dresse l'imposant couvent de Santo Domingo.



"COUVENT DE SANTO DOMINGO

XVIe siècle

Commandé par les Rois Catholiques le 25 juillet 1845, sa construction ne commença qu'au début du XVIe siècle, sous le vocable de Saint Pierre Martyr pour l'ordre de Saint Dominique. Le couvent avait plusieurs parties, la principale étant l'église située au sud-est qui est encore conservée. De plan rectangulaire, elle est divisée en trois nefs, la nef centrale est couverte par une charpente mudéjar polychrome. La séparation des nefs se fait au moyen d'arcs gothiques soutenus par des piliers rectangulaires avec des arcs en plein cintre. L'autre partie restante du couvent est le cloître, aux larges arcs en plein cintre avec le tore mouluré et reposant sur des colonnes à fût lisse et chapiteaux corinthiens."


Cet ancien couvent, construit au XVIème siècle, sert à présent de centre de conférences, s'y trouvent également les archives municipales. Il n'y a pas grand-chose à y voir si ce n'est l'ancienne église où sont exposées des toiles modernes et le cloître. Guess a pu y entrer en laisse.


Le Pont Neuf nous offre une vue sur les Jardins de Cuenca à gauche), sur le Pont Vieux (au centre) et sur la Casa del Rey Moro (à droite) : 





L'église de Nuestro Padre Jesús avec son clocher-mur (XVe-XVIe siècles) : 


Juste devant l'église, se dresse la fontaine de "Los Ocho Caños" édifiée au XVIIIème siècle. Son originalité vient de sa disposition : 8 robinets posés sur un côté et un abreuvoir pour les animaux de l'autre.


La fontaine de "Los Ocho Caños" avec en arrière-plan le Pont Vieux (el Puente Viejo en espagnol) et la porte de Philippe V (Puerta de Felipe V en espagnol) : 



L'entrée des "Jardines de Cuenca" se trouve au niveau du Pont Vieux. C'est un jardin en terrasses, autant dire que nous monterons quelques marches au milieu d'espèces végétales propres à l'Andalousie. Je suppose qu'il grouille de fleurs et de pépiements d'oiseaux au printemps, pour l'heure, il est un peu calme et tristounet mais il nous fait tout de même profiter d'une vue imprenable sur le Pont Vieux, sur la Casa del Rey Moro, sur les Gorges d'El Tajo et le Puente Nuevo (le Pont Neuf). D'ailleurs, nous n'y sommes pas seuls, nombreux sont ceux venus y admirer le coucher de soleil sur le Pont Neuf. Et certains avec du gros matériel photographique !


Le Pont Vieux : 


La Casa del Rey Moro : 







Plus d'infos sur les Jardins de Cuenca : Jardines de Cuenca (Ronda) - Tout ce qu'il faut savoir en 2026


Une grande fresque de faïences avec quelques phrases d'écrivains voyageurs célèbres :



Quelques-uns des écrits du XVIIIème siècle :


" Il y a quelques 29 ans que j'entrais dans Ronda sur un cheval efflanqué qui me dépose mollement sur les cailloux qui carrèlent le parapet du pont que sauve l'abîme. Prosper Mérimée (1830) Correspondance

Être venue à Ronda, dans cette ville des Maures, poétique et inaccessible mais cela suffit à la gloire d'une vie entière ! Condesa de Robersart (1863) Lettres d'Espagne

Souvenirs historiques, fables populaires, monuments étranges, mœurs à part, effets sublimes d'une nature grandiose, chemins difficiles et ignorés. Ronda possède tout ce qui est le mieux fait pour provoquer la téméraire curiosité des voyageurs. Antoine de Latour (1848) Etudes sur l'Espagne

Les trois jours de la foire écoulés, cette foule qui encombrait Ronda se dissipe peu à peu. J'aimais mieux cette solitude qui s'accordait si bien avec le caractère romantique du paysage. Lee Tajo était une de mes promenades favorites. Edmund Boissier (1837) Voyage botanique dans le Midi de l'Espagne

Je me verrai toute ma vie Ronda, son pont jeté entre le ciel et l'enfer, ses eaux engouffrées, ses monts de bistre et d'ocre, ses hommes brûlés comme ses pierres, ce souvenir fantastique sera le songe de mes veilles. Marqués de Custine (1831) L'Espagne sous Ferdinand VII"









"Eglise de Notre-Dame de la Paix

XVIe-XVIIIe siècles

L'église a pour origine une chapelle du XVIe siècle. Le bâtiment est à une seule nef avec une couverture primitive de charpente mudéjare qui, lors de la rénovation du XVIIIe siècle, a été cachée par une voûte baroque. A l'arrière, s'ouvre le petit sanctuaire de la Vierge de la Paix, patronne de Ronda, décoré de stuc baroque doré. La façade, datant du XVIe siècle, est recouverte d'un enduit sgraffite du XVIIIe siècle, aujourd'hui restauré. Elle se termine par un clocher-mur d'angle du XVIIIe siècle."


Et l'église est ouverte...








"MUSEE JOAQUIN PEINADO

Palais des Marquis de Moctezuma

XVIIIe siècle

Le Musée Peinado appartient à la Fondation Unicaja et est situé dans le Palais des Marquis de Moctezuma (XVIIIe siècle). Joaquín Peinado, né à Ronda en 1898, successeur de Cézanne et fils spirituel de Picasso, est considéré comme le plus élégant des peintres qui ont formé la soi-disant "école espagnole" de Paris. Les différentes étapes créatives du peintre, depuis 1923, peuvent être observées à travers une visite des salles de ce musée qui abrite plus de 190 oeuvres (dessins totalement inconnus, huiles, aquarelles, encaustiques et oeuvres graphiques.)"


Guess n'est pas autorisé à entrer dans ce musée, aussi, nous modifions nos plans à la dernière minute. Je le visite pendant que Michel se rend à la "Casa del Gigante" située juste à côté et qu'il visite avec Guess dans les bras.
Le Musée Peinado abrite surtout les œuvres de ce peintre, plus quelques autres du même courant artistique que celui de Picasso avec lequel il était ami. Moi, qui suis plus Dali que Picasso, autant dire que j'ai assez vite fait le tour du musée qui soit dit en passant est très joliment agencé et agréable à parcourir.
Guess change ensuite de bras pour faire un tour avec moi cette fois à la "Casa del Gigante" pendant que Michel se rend au Musée Peinado.
La "Casa del Gigante" est une maison mudéjare des XIIIe-XIVe siècles, dans laquelle il reste quelques beaux fragments de sculptures.

Plus d'infos :








Une façade latérale de l'église Santa Maria la Mayor : 


Le clocher Renaissance de  l'église Sainte Marie termine une tour mudéjare construite sur la base d'un minaret.


La façade est surprenante pour une église, avec ses deux galeries extérieures construites sous le règne de Philippe II. Celles-ci permettaient aux autorités et à la noblesse d'assister aux manifestations festives de Ronda.
Une bonne surprise, on nous laisse visiter avec Guess à condition qu'il reste aux bras. Autant dire qu'il file dare-dare dans son sac à dos où il est bien mieux qu'aux bras et...nous aussi !
C'est une visite insolite où se mêlent différents styles, un vrai cocktail avec une pointe de mudéjar, une dose de gothique, une autre de Renaissance et une pincée de baroque.
Nous montons sur le toit de l'église d'où outre le panorama, nous pouvons surplomber la nef, puis descendre à la crypte, admirer le musée d'art sacré dans la sacristie.


La façade de l'église Sainte Marie donne sur la Place Duquesa de Parcent, une grande place avec un petit jardin public au centre, que se partagent d'autres édifices importants tels l'Hôtel de Ville et le Couvent de la Caridad.

Plus d'infos :




La petite Maison de la Tour est un édifice mudéjar attenant à l'église Santa Maria : 


L'Hôtel de Ville construit au XVIIIème siècle sous le règne de Philippe V : 





"COUVENT DE SANTA ISABEL

XVIe siècle

Le couvent de Sainte Isabelle des Anges de Ronda appartient aux religieuses de l'Ordre de Sainte Claire, issu de la règle de Saint François d'Assise. Il a été construit au XVIe siècle. De l'ensemble, il faut noter l'église et le portail du couvent, ce dernier en pierre et à linteau, avec le blason de l'Ordre franciscain au centre du linteau. L'église a une seule nef et est couverte par une voûte en berceau qui recouvre la charpente mudéjare primitive, encore partiellement visible dans le haut du choeur. L'exception est le presbytère, qui est couvert d'une coupole hémisphérique. Le bâtiment possède une tour composée de trois niveaux dont le premier est massif en pierre."




La tour du couvent : 



De l'autre côté de la place, face à l'église Santa Maria, se dresse le Sanctuaire de Maria Auxiliador, il est ouvert et son entrée est gratuite.













Tout ce blanc, ces tons pastel, rendent l'église très lumineuse.




Une porte entrouverte dans une rue, laisse entrevoir un superbe paso qui devrait sortir lors de la prochaine Semaine Sainte.


Nous passons devant le Museo de Bandolero (Musée du Bandit), il est trop tard pour envisager une visite...


...mais nous admirons quand même les faïences du hall où nous retrouvons les aventures de Don Quichotte et Sancho Panza.
 




La "Casa Don Bosco" : 


La visite de la "Casa Don Bosco", construite au début du XXème siècle, se fait avec Guess en laisse.

Cette très belle maison bourgeoise située au bord du précipice offre un panorama grandiose. Elle appartenait à la famille Granadinos. J'aurais beaucoup de mal à choisir entre le jardin et les intérieurs tant chaque endroit de ce manoir a été minutieusement pensé, décoré et possède un charme légèrement désuet mais indéniable. Cela a été pour nous, un bien joli coup de coeur.



Le minaret de Saint Sébastien accolé aux habitations, avec un nom un peu inattendu pour un minaret : 



"MINARET DE SAINT-SEBASTIEN

XIVe siècle

Le minaret de Saint Sébastien est une petite tour qui faisait partie de l'une des mosquées de Ronda à l'époque arabe et plus tard a servi de clocher pour l'église également disparue de Saint Sébastien. Sa base est carrée et il comporte trois niveaux sur sa hauteur. Les deux premiers ont été construits au XIVe siècle, tandis que le troisième est d'époque chrétienne. C'est sans aucun doute un élément typique de l'architecture islamique, d'où l'almuezzin ou muezzin appelait les fidèles à la prière."




Un peu d'histoire sur l'architecture militaire ?


"LA RESTAURATION DES REMPARTS DE RONDA

Place du Campillo

Le système défensif de la ville médiévale de Ronda est une combinaison entre la nature et l'action humaine. Etant donné qu'il s'agit d'une ville située sur une colline avec des conditions défensives naturelles assez exceptionnelles, il ne sera nécessaire de fortifier que les parties de la colline qui constituaient un point faible dans la fortification.

Dans cette partie de la ville, à l'ouest, la médina possédait un tronçon de muraille situé à côté du bastion où s'ouvrait la Porte des Moulins. Ce tronçon correspondait à un secteur de la ville connu sous le nom d' "Albacar", peu peuplé, dont le but était de protéger l'accès aux moulins à farine qui se trouvaient alignés dans la gorge du Lajo. D'où l'importance de disposer de solides défenses dans cette partie.

Il s'agit d'une muraille de 50 mètres de long, parfaitement adaptée à la saillie rocheuse qui constitue le bord ouest de la colline, d'où son aspect quelque peu éclectique. Aucune tourelle ne succède à la tour pour défendre ce flanc, non plutôt un couple de redents, chacun orienté différemment et en utilisant un curieux système d'ancrage ou de coffrage que nous n'avions rencontré que dans des travaux en terre, comme c'est le cas des murailles du propre Albacar, situées au pied de celles-ci.

Le tronçon qui a fait l'objet de restaurations est resté inaperçu pendant longtemps, non seulement pour ceux qui visitent Ronda, mais aussi pour les habitants de la ville eux-mêmes. Et ce, malgré le fait qu'il soit devenu l'un des points de vue les plus emblématiques de la ville, puisque l'extrémité de cette place de Maria Auxiliadora ou du Campillo repose justement sur ce mur.

Une fois passé le danger qu'ont représenté pendant un temps, les révoltes morisques du XVIe siècle, ces murailles, comme en général le reste des fortifications, furent abandonnées à leur sort, arrivant jusqu'à nous presque miraculeusement grâce au bon travail des maçons qui les avaient construites. Ceci dit, elles ont été réparées et sont pratiquement cachées par la végétation envahissante."




Les beaux points de vue ne manquent pas, tel celui qu'offre la Place Maria Auxiliadora :




Face à nous, la Glorieta Miki Haruta et à sa droite le Parador :


En bas de la rue, l'église du Saint Esprit (Iglesia del Espíritu Santo en espagnol), construite sur les ruines d'une mosquée sur ordre du roi Ferdinand le Catholique. Cet édifice terminé en 1505 fait songer à une forteresse et présente une façade massive et austère.
Nous l'atteignons hors des heures de visite. Tant pis !

L'église du Saint-Esprit :



J'y ai déjà fait référence mais là, nous rentrons dans le vif du sujet...heu...sur une portion des remparts.


Quelques cerveaux hautement imbibés de culture ont dégradé le panneau, je tente une traduction du moins pour ce qui est encore lisible :


"Ces murs protégeaient la médina musulmane de Ronda et permettaient via la Puerta de la Cijara (ou Xijara),  de gagner le quartier Arrabal de la ville. Située à l'est de la ville, la médina était fermée par un mur solide et haut construit au bord même du précipice qui comme lui n'est pas continu [...]. Nous faisons référence aux sections, avec des murailles qui commencent au Palais du Marquis de Salvatierra et se terminent à la soi-disant [...] la Puerta de la Cijara a été ouverte, défendue par une tour dans le mur supérieur.

Vue de l'Est, la ville semble avoir un triple rempart, mais ce fait n'existe que sur quelques mètres le long du parapet qui protège la route de la Cijara, dont l'accès pavé avec des marches est encore conservé.

[...]

Parmi ces restes de fondations, on peut également voir d'anciennes parties faites de pierres de taille qui correspondaient à des travaux de fortification de la Ronda romaine (Arunda) ou même plus anciennes, correspondant à l'oppidum ibérique documenté à Ronda.

Au Sud, ce mur de la Cijara rejoignait l'Alto Arrabal, dont l'intersection se faisait via une tour-porte qui défendait l'entrée de la ville. A l'intérieur se trouvait l'accès à la médina depuis ce faubourg coincé entre les murs de celui-ci et ceux de la citadelle. A l'extrémité nord de ce corridor, il semble qu'on pouvait l'appeler la Porte des Images."








Le passage Chefchauen aboutit à la Porte de Cijara érigée au XIIIème siècle. Plutôt élégante avec son arche en fer à cheval, elle permettait l'accès à la ville médiévale :




Presque au pied des remparts...



...nous trouvons l'ermitage de San Miguel ou chapelle de Santa Cruz.




Parvenus en bas, il suffit de lever les yeux pour voir le Pont Vieux sous un autre angle.



En contrebas, se trouvent les bains arabes. Construits à l'époque nasride, ce sont les mieux conservés d'Espagne.


Cette visite, faite avec Guess dans le sac, s'est révélée très intéressante, car hormis le vestibule, les bains sont très bien conservés, assez en tout cas pour que l'on parvienne à les imaginer tels qu'ils devaient être jadis.


Nous avons repris de la hauteur et sommes au niveau du Pont Vieux qui reliait jadis la ville arabe au quartier du Mercadillo. L'origine de sa construction n'est pas véritablement établie, romaine, arabe ?

Quelques photos prises à divers moments de la journée et sous divers angles :




Légèrement au-dessus du Pont-Vieux, la Porte Philipe V (Sur notre dépliant en français remis par l'Office du tourisme, elle est notifiée en espagnol Puerta de Felipe V).
J'en profite pour préciser : Les points touristiques de la ville sont d'ailleurs tous répertoriés en espagnol sur cette carte. C'est, sans doute, pour mieux nous mettre dans l'ambiance. 😀







Juste au-dessus de la Puerta de Felipe V, se dresse la façade du Palais du Marquis de Salvatierra.



"PALAIS DU MARQUIS DE SALVATIERRA

XVIIe-XVIIIe siècles

Situé dans l'Ensemble Historique de Ronda et proche du quartier de Padre Jesús, cet édifice de style palais possède une splendide façade baroque en pierre de taille avec une porte à linteau, des colonnes corinthiennes et un grand balcon en fer forgé dans le style de ceux de Ronda. La façade se termine par un fronton brisé où se trouvent des statues de personnages nus, qui démontrent clairement une influence avec le style indien."







"AUBERGE DES ÂMES

XVIe-XVIIIe siècles

L'auberge du XVIe siècle Posada de las Ánimas est l'un des plus vieux bâtiments du quartier Mercadillo de Ronda. Elle a fonctionné comme auberge jusqu'au XIXe siècle, accueillant des personnalités célèbres de l'époque comme Miguel de Cervantes. La façade se compose d'un arc semi-circulaire en pierre et d'un balcon en fer forgé. On y trouve également une niche abritant une statue de la Vierge ainsi qu'un blason de Castille.
De nos jours, la Posada de las Ánimas est un centnre de jour pour les personnes âgées."





Dans le même quartier que la Posada de las Ánimas, au beau milieu d'un chantier, se trouve, adossée à une maison, une chapelle dédiée à la Vierge des Douleurs. Elle a été construite en 1734.






Une petite place, celle de los Descalzos, est joliment éclairée avec en toile de fond l'église de los Descalzos aux tons blanc et brique.

Il m'a fallu un long moment pour capter que nous nous trouvions en fait derrière l'église Santa Cecilia tant le style entre les façades avant et arrière est différent. (Cette église figure au début de l'article).






Nous revoici passant devant l'église del Espíritu Santo pour découvrir une autre portion des remparts et notamment la Puerta d'Almocabar. 




"MURAILLE ET PORTE D'ALMOCABAR

XIIIème siècle

De cette importante enceinte fortifiée, nous devons souligner la Porte d'Almocabar, située dans le secteur sud de la médina, construite au XIIIe siècle et restructurée à l'époque de Charles Quint. Cette porte tire son nom du mot "Almaqabir", cimetière, car elle se trouve près de la nécropole principale en dehors des murs, selon la tradition islamique. C'était l'une des principales portes d'accès à la ville et elle donnait sur le Quartier Haut, aujourd'hui Saint-Esprit et sur la médina musulmane."


Vue de l'extérieur des remparts :



Face à la muraille, la place Ruedo Alameda :



Le Musée Lara que nous visitons avec Guess dans le sac se trouve dans un ancien palais. Lieu plutôt hétéroclite, car il abrite diverses collections : pendules, armes, machines à écrire, pipes, biscuits, éventails, machines à coudre... : il y a même une exposition sur la photo et le cinéma, une salle consacrée à l'Inquisition en Espagne et aux instruments de torture, une autre salle sur le diable et la reconstitution d'une bodega. Ici aussi, le patio est beau.





Au Museo del Carruaje (Musée de la Calèche), Guess peut entrer en laisse. Ce musée est une pure merveille, on y trouve des attelages en parfait état, remis merveilleusement à neuf, la plupart ont été construits en France. Des vitrines abritent aussi divers objets liés à la tauromachie. S'y trouvent aussi de très beaux bronzes de cavaliers, de taureaux.


Nous avons pour finir, emprunté le passage Orson Welles...


...pour rejoindre l'immense parc Alameda del Tajo que nous avons traversé assez rapidement non sans avoir profité une dernière fois du superbe paysage. Le parc en lui-même n'est pas encore au meilleur de sa forme mais doit être magnifique à la belle saison.








Nous avons aussi visité le Palacio de Mondragón qui est en fait le musée municipal. Là aussi Guess a pu entrer mais dans le sac. Cet ancien palais a trois patios dont un de style mudéjar. On y découvre l'évolution de la société à Ronda au fil des siècles. C'est un musée très intéressant, avec énormément de textes en espagnol et en anglais.



Nous nous sommes aussi laissés tenter par la visite de la Casa del Rey Moro dont l'entrée est plutôt chère (comparée aux autres musées de Ronda) puisque nous déboursons 16 € (soit 2x8 €). Guess fait la visite mais dans le sac. Nous sommes un peu déçus d'être mis devant le fait accompli et de ne pouvoir visiter la maison qui est en travaux, car cela aurait pu nous être notifié lorsque nous avons pris nos tickets. Les jardins situés en aplomb de la faille de Ronda sont jolis. C'est une visite surprenante qui nous fait descendre jusqu'à la rivière quelques 60 mètres plus bas ce qui correspond à une vingtaine d'étages d'un building. L'escalier creusé dans la roche par des esclaves chrétiens durant l'occupation maure de  Ronda au XIVème siècle est complètement invisible de l'extérieur. Les marches sont aussi bien raides, inégales et mouillées par endroits, autrement dit glissantes. Nous trouvons au cours de la descente, une salle d'armes avec des meurtrières, l'emplacement d'une ancienne noria, une salle des secrets et des miradors. Une visite impressionnante que je suis contente d'avoir faite mais que je ne suis pas certaine de renouveler à l'avenir à cause des escaliers qui sont aussi mauvais à descendre qu'épuisants à remonter. Michel les a comptées, il y a plus de 200 marches. Enfin, je ferai peut-être un effort si l'on peut en plus découvrir le palais du XVIIIème siècle, car la mine d'eau qui descend secrètement jusqu'à la rivière est vraiment bluffante !


Que dire d'autre ?

Si ce n'est que nous nous rappellerons longtemps de notre passage dans cette belle ville qu'est Ronda et que ces quelques jours ont été bien remplis.

A noter pour nos amis canins, surtout de petite taille et leurs maîtres : Nous n'avions pas encore visité de ville où Guess a pu nous suivre dans autant de sites.

J'espère aussi obtenir les autorisations pour partager avec vous nos visites de musées.

Mais il est temps de poursuivre notre voyage et de quitter Ronda car notre réservoir d'eau frôle la déshydratation, nous n'avons plus aucun voyant allumé, même le voyant rouge est en berne, c'est peu dire ! Il devient impératif de faire le plein, vidanger les cuves.

Après avoir réglé 32.40 € pour ces quelques jours de parking (du 13 au 16 mars), nous reprenons la route.

Le village d'Algodonales devrait être parfait pour remettre nos jambes en bon état de marche car en trois jours nous avons fait au moins 26 km à pied à écumer les rues de Ronda.

A bientôt ! 😉


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