mardi 22 novembre 2016

Aveyron (septembre 2016) 5ème partie

La magie des fleurines ou le mariage de l'air et du lait !

 
Lauras ¤ Roquefort-sur-Soulzon ¤ Saint-Affrique


 
En arrivant près de Roquefort-sur-Soulzon, le village de Tournemire (il me semble)
 
 
Après avoir quitté Saint-Jean d'Alcas, nous voulions poser notre pingpingcar (ainsi dénommé par notre petit-fils) sur l'aire de Roquefort-sur-Soulzon mais...bien que propre, celle-ci est en pente et en bord de route.

Nous portons notre dévolu sur LAURAS, à seulement 3 km de Roquefort.

Capture d'écran (Via Michelin) et localisation du parking.
 
Nous nous garons sur un grand parking désert, plat, entre l'église et le cimetière. Un peu galère pour y parvenir, Monsieur GPS voulant à tout prix nous faire passer par des rues très étroites alors que l'on peut y parvenir par un "boulevard".
 
Mais enfin nous y sommes !
 
 
 
Chuuuuuuut ! Repos réparateur pour Guess qui l'a bien mérité.
 
Nous avons été bien inspirés de nous poser là, car la nuit a été calme.
 
Au matin, nous reprenons la direction de ROQUEFORT-SUR-SOULZON bien décidés à visiter une cave.
Mais avant, un petit arrêt pour admirer le rond-point...
 
 
 
 
 
 
 

La richesse de Roquefort n'est pas son village proprement dit, j'entends par là, ses rues, son architecture. C'est une combinaison de facteurs autres que ce que nous pouvons voir en le parcourant.
Non, sa richesse, c'est son site unique. L'éboulis du causse du "Combalou" où ont été aménagées les caves au débouché des fleurines, ces longues failles qui permettent un brassage continu entre l'air intérieur et extérieur et maintiennent une température constante toute l'année d'environ 10°.
Le village est aussi riche de son savoir où les hommes depuis le Moyen-Âge se sont transmis et ont perfectionné une technique jalousement gardée et revendiquée aujourd'hui.
Et les premières concernées, les brebis de race Lacaune, rigoureusement sélectionnées au fil du temps. Ainsi, pas moins de 750 000 brebis Lacaune essaimées sur les départements de l'Aveyron, du Tarn, de la Lozère, du Gard, de l'Hérault et de l'Aude fournissent le lait qui va être transformé en Roquefort.

Capture d'écran (Via Michelin) et localisation du parking.

Plan fourni par l'office de tourisme
 
Arrêt à l'office de tourisme.
Nous voulons visiter une cave. Trois se visitent : Société, Papillon et Gabriel Coulet.
La cave Société, nous l'avons déjà visitée il y a une trentaine d'années à l'époque où nous visitions encore les caves remplies de fromages. Mais l'UE a mis en place de nouvelles réglementations et il n'est plus possible d'approcher le fromage en cours d'affinage.
Eh oui, ça c'était avant... !!!
C'est décidé, va pour la découverte de la cave Papillon. Mais la visite débute à 11 heures, dure une heure et...Guess ???
Les deux hôtesses de l'office nous proposent gentiment de le garder le temps de la visite. Elles sont sympathiques, alors pourquoi pas ! Mais...le laisser ainsi c'est une première !!!
 
Pas vraiment une aire, plutôt un parking en fait. L'aire de services se trouve près de l'office de tourisme, bâtiment au centre.


A gauche, la cave Papillon...à droite, la cave Gabriel Coulet

11 heures, un guide sympathique fait descendre la dizaine de curieux que nous sommes dans la cave. La visite débute par la projection de deux films. Le premier nous transporte dans le village et ses caves au début du XXème siècle et c'est folklorique tant au niveau des conditions de travail que de l'hygiène, le second concerne la fabrication d'aujourd'hui où tout est calibré, aseptisé, robotisé.

Les caves où nous sommes sont destinées à la visite et les fromages bien entendu sont factices.

La 1ère étape de la fabrication du roquefort ne se fait pas dans les caves, les fromages sont acheminés vers celles-ci pour l'affinage seulement.

Une fois l'an, en septembre, le four à pain est chauffé à très haute température et le boulanger y fait saisir 300 gros pain de seigle. Saisir ? La croûte doit être carbonisée mais la mie doit rester humide. Chaque pain sera ensemencé avec la souche "Penicillium roqueforti Papillon" et déposé dans les caves afin que le champignon se développe. Au bout de 40 jours, les miches sont ouvertes pour récolter le fameux champignon. Car sans champignon, pas de roquefort !

Une miche de pain de seigle et dans la bouteille le "Penicillium roqueforti" réduit en poudre très fine

Une fleurine

Que de primes !

Une visite bien agréable et instructive qui s'est terminée par une dégustation.
Comment résister, sans repartir avec un Taste Noir et un Rondin ?!
 
Nous avons ainsi appris que l'appellation "Roquefort" ne peut être décernée qu'aux fromages faits à Roquefort, la zone de fabrication est très précise et s'étale sur une superficie de 2 km de long sur 300 m de large.
 
Pour plus d'informations sur cette cave, c'est ICI
 
Ici, pas moins de 7 points de vente de roquefort, plus deux à Lauras.
 
Un petit tour dans le village mais comme je l'ai mentionné plus haut, il n'a rien de spécial niveau architecture. De plus, le village est défiguré par les travaux, suite à un effondrement de la route début juillet. De ce fait, la circulation n'est pas aussi aisée qu'à l'accoutumée. cf. ICI





La déviation nous oblige à passer sous ce pont...

...habité par quelques demoiselles.


Cette visite nous a mis en appétit d'autant plus qu'il est l'heure de déjeuner.
Nous profitons de ce bel après-midi pour faire une petite randonnée : "Le sentier du Menhir". Cette boucle de 3.5 km débute près de l'office de tourisme. 




Tiens ! J'ai appris un nouveau mot : Buissière - La buissière est constituée d'une double haie de buis. Cette voie de communication commune sur les causses est destinée à protéger du vent, de la neige et de la chaleur, hommes et troupeaux. Les chars et carrioles empruntaient également ces chemins qui reliaient hameaux, points d'eau, bergeries et pâtures. 

Une clématite sauvage


Bonne blague ! Voilà le menhir en question. Une grosse pierre de plus de 3 m de haut, mais un menhir ???

Nous traversons le cours d'eau sur un pont enherbé.






Sympa l'espalier ! L'intention est louable, mais je préfère me détendre autrement.

Guess s'est mis dans tous ses états et nécessite un effeuillage en règle avant de rentrer dans le cc. A part le menhir qui n'en était pas un, la balade a été très agréable.


Nous reprenons la route vers notre prochaine destination : SAINT-AFFRIQUE
 
Je m'attendais à un tout petit village et surprise il n'en est rien, c'est plutôt une petite ville. En fait, j'ai connu il y a une vingtaine d'années un monsieur presque centenaire, natif de Saint-Affrique et qui n'arrêtait pas de me parler de sa jeunesse passée en ce lieu et à l'écouter je m'imaginais un petit village pastoral. Mais c'était certainement le cas, il y a 100 ans...

Capture d'écran (Via Michelin) et localisation de l'aire cc.
 


L'aire de service est flambante, neuve mais les 3 places réservées aux cc sont en pente et surtout bonnes le temps de visiter la ville. Quant à dormir ici ? Des rues de toutes parts.


Il faut avoir beaucoup d'imagination pour se représenter Saint-Affrique en ville fortifiée car de cette période il ne reste que peu de vestiges.

Le pont vieux et l'église Notre-Dame de Miséricorde avec son clocher de 71 m de haut.


Le Pont Vieux enjambe la Sorgues depuis le XIIIème siècle. Classé monument historique en 1886, il est considéré comme l'un des plus beaux ponts médiévaux de France (dixit le document touristique).
 



 
Sur la façade de l'ancien presbytère, une Vierge votive. Une cinquantaine de Vierges votives se trouvent sur les façades de la ville.


L'église Notre-Dame de Miséricorde a été achevée en 1905.
 Les vitraux du chœur retracent la légende d'Africanus.

Mais les vitraux latéraux sont très beaux aussi...










La statue de Notre-Dame de Miséricorde, sculptée, en bois doré (XVème siècle)

La façade de style néo-gothique





Une autre Vierge votive. La légende locale veut que les habitants ont creusé des niches pour installer ces statues afin de remercier la Vierge Marie de les avoir épargnés de l'épidémie de choléra survenue en 1854.

L'église vue du Pont Neuf



La place de l'Hôtel de ville, anciennement "place aux herbes" car s'y déroulait le marché aux légumes.

La fontaine des béliers, œuvre du sculpteur Rémi Coudrain (1987)




Saint-Affrique a sa statue de la Liberté




Que de constance ! Mais personnellement je préfère la première version, miniature de celle de New-York. L'actuelle me fait penser à un écorché. Mais c'était peut-être l'idée après tout, il a fallu tellement de persévérance pour la voir trôner de nouveau à Saint-Affrique !

Cette plaque est apposée sur un mur derrière la statue de la Liberté.


Le boulevard Victor-Hugo accueille le marché le samedi et la statue de Gavroche, œuvre d'André Debru.



Un socle insolite pour une statue qui l'est tout autant.


Et pour terminer la visite, une énième Vierge votive.


J'ai bien aimé Saint-Affrique que j'avais mésestimée sans la connaître. Une petite ville animée (du moins du peu que j'ai pu voir), agréable et au final assez jolie.
Nous y aurions bien fait un tour en soirée, mais l'aire ne nous inspirant pas plus que cela, nous avons levé le camp pour nous installer à Vabres-l'Abbaye.





 

3 commentaires:

  1. magnifique reportage et photos
    bravo
    vadrouilleur

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  2. Bonjour,
    Belle balade instructive. Je ne connaissais pas le coup des miches "saisies" pour le Roquefort. Original ce troupeau de brebis, de leur berger et du chien ... métalliques. Et les parapluies roses me rappellent quelque chose (à Lucerne, ils sont bleus). Merci pour cette découverte enrichissante.

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  3. Bonjour,
    Sympa tout ça et les explications pour le fromage intéressantes !
    J'ai appris aussi pour la buissière ;-)
    Ah Guess s'est bien éclaté !!!
    Et vous l'avez laissé une heure à l'accueil ???? Chapeau, ma moitié ne voudrait jamais cela oupssssss mais au moins c'était hyper sympa de le proposer je trouve et puis ce n'est un bouvier bernois à garder ;-)
    Merci pour ces découvertes, ah j'oubliais, jolis vitraux aussi !!!
    Cath

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