samedi 4 novembre 2017

Aude : Abbaye de Fontfroide (sept. 2015)

Un joyau cistercien

L'ABBAYE DE FONTFROIDE




Juste un entrefilet dans un précédent article lors de notre passage ; aussi, même si cette visite commence à dater, il n'était que justice d'y consacrer une page pour vous conter la magnificence de cette abbaye.

Nous sommes arrivés le soir avec l'intention de passer la nuit sur le parking pour être fin prêts dès l'ouverture le lendemain.
Mauvaise pioche ! Le parking est interdit la nuit aux cc, aussi nous nous sommes réfugiés dans le village tout proche de Bizanet.
 
Parking de l'abbaye

Quelques dates pour mieux situer la vie et l'évolution de l'abbaye Sainte-Marie de Fontfroide :
 
1093 - Une première communauté de moines s'installe à Fontfroide.
 
1145 - L'abbaye applique désormais la règle cistercienne.
 
Entre le Xe et le XIVe siècles - L'Église traverse quelques crises majeures dont la plus importante est l'hérésie cathare. Le 38ème père abbé de Fontfroide Arnaud Nouvel, en sa qualité d'ancien juriste est chargé de gérer les excès de l'Inquisition, devenu Cardinal, il assistera au procès des Templiers.
Son neveu, Jacques Fournier devenu 39ème père abbé de l'abbaye est surtout connu pour être devenu le pape Benoît XII en 1334. Sitôt élu, il entreprendra la réorganisation de l'Église et fera construire le palais des papes à Avignon.
 
1348 - La peste noire décime les deux tiers de la communauté de Fontfroide.
 
Entre 1476 et 1764 - L'abbaye tombe sous le régime de la commende, elle est de ce fait spoliée de la quasi totalité de ses bénéfices. De cet appauvrissement, découle un manque d'entretien du domaine. Si après l'extinction du régime de la commende, les moines se laisseront aller à quelques plaisirs culinaires loin de la vie ascétique, ils consacreront une somme considérable à l'aménagement de l'abbaye.
 
En 1791, après la Révolution, le dernier moine quitte Fontfroide. L'abbaye est mise en vente comme bien national. Non vendue, elle est insérée dans la longue liste des biens appartenant à l'État. Elle est cependant pillée au fil du temps.
 
Au milieu du XIXème siècle, douze moines cisterciens venus s'y installer, trouvent les lieux décrépis. Sous la houlette de son prieur, le père Jean, l'abbaye rayonne de nouveau. A la mort de ce dernier et avec la loi anticléricale du 1er juillet 1901, les moines se trouvent contraints de quitter les lieux et se réfugient en Espagne à l'aube de ce XXe siècle. 
 
XXème siècle - L'abbaye risquant d'être démantelée et pour éviter de voir ses plus belles pièces architecturales partir aux USA, Madeleine Fayet d'Andoque la rachète aux enchères en 1908.
De nos jours, ses descendants en sont toujours propriétaires.
 
 
 
Voilà 10 siècles résumés en quelques lignes, mais il est temps de rentrer peut-être ?
 
Désolée pour la qualité des photos, mais c'est le moment où je me rends compte que mon APN actuel, loin d'être un foudre de guerre, est tout de même plus performant que celui utilisé pour cette visite.
 
Il nous faut passer un petit pont de pierres qui enjambe le lit d'une rivière asséchée (du moins semble-t-il).
 

Une belle allée bordée de cyprès et de bacs aux plantes aromatiques...


...nous conduit à un embranchement : à gauche un circuit pédestre, à droite l'entrée de l'abbaye.



"Le char d'Apollon" - Ensemble en terre cuite représentant Apollon et Diane, réalisé au XIXe s par les frères Gossin pour le château de Vaux-le-Vicomte.
 
Sitôt le porche de l'abbaye franchi, nous nous trouvons dans la cour d'honneur.
A notre gauche, s'élève le bâtiment des convers construit au XIIIème siècle ; à notre droite un mur imposant nous sépare des jardins à l'italienne disposés en terrasse. Face à nous, trois arches délimitent la cour, celle du milieu ornée d'une grille en fer forgé est encadrée par deux imposantes statues de fauves.

La cour d'honneur






Le réfectoire des frères convers aux dimensions imposantes se compose de cinq travées. La lumière diffusée par les baies géminées met superbement en valeur l'architecture qui rythme le volume.
Vu son acoustique exceptionnelle, il accueille de nos jours concerts de musique et récitals.


La grande cheminée Renaissance est une pièce architecturale rapportée.
 
Nous franchissons de très belles grilles en fer forgé pour gagner la cour du XVIIIème siècle dite "Cour Louis XIV".


Si la cour d'honneur nous avait subjugués par ses dimensions, celle-ci n'a rien à lui envier.
Profondément modifiée au XVIIIème siècle, elle offre une impression d'espace et d'ouverture, dominée par la colline parée de jolies nuances de vert.




Détail du médaillon du fronton ci-dessus

Je préfère celle-ci à celles qui font de mon jardin un vrai champ de mines !



Nous longeons la "ruelle des convers" pour gagner le cloître. 


Entre arc brisés, arcs en plein cintre et oculi, le cloître déploie toute sa beauté.
Ici, art roman et art gothique cohabitent en toute harmonie.
 

Des décors de feuillages ornent les chapiteaux.






Le clocher du XIVème siècle vu de la galerie ouest.

La salle capitulaire

Et là, c'est le moment où l'on se sent bien petits dans ce vaisseau de pierre du XIIème siècle qu'est l'église.
La nudité des murs, l'absence de superflu renforcent l'impression de grandeur, de noblesse...pas de mots, il faut y être pour s'en rendre compte.






"La Vierge de Fontfroide" partie d'un retable de la nativité du XIIe siècle.

Située dans un bras du transept, la chapelle des morts abrite outre un gisant en armure, une croix à deux faces (sur un côté se trouve le Christ crucifié, sur l'autre la Vierge).



Retour dans la nef :

La grande rosace symbolise la création du monde, Dieu y est entouré des signes du zodiaque.



Nous empruntons un grand escalier, exempt de fioritures mais d'une belle élégance qui nous amène en surplomb du cloître...








...et nous permet d'accéder au dortoir des convers où d'insolites vitraux tamisent la lumière et rehaussent la beauté de la voûte.




Les vitraux ?
Plutôt des puzzles puisqu'ils ont été réalisés à partir des morceaux récupérés sur les verrières des églises et cathédrales détruites pendant la Première Guerre mondiale, notamment celle de Reims.


Et pour finir le cellier, belle salle voûtée.




Façade ouest de l'abbatiale avec sa rosace symbolisant la création du monde.

Détails du tympan

Médaillon sur la façade ouest de l'abbatiale

Après avoir parcouru les bâtiments, il nous reste les extérieurs qui n'en sont pas moins intéressants.
Une jolie roseraie a fait place à l'ancien cimetière et au verger, s'y côtoient rosiers et buis rehaussés par quelques plantes méditerranéennes, l'ensemble est dominé par la haute stature des cyprès de Florence.




Cet  hôtel à insectes s'intègre bien dans ce coin de jardin.



Nous ne pouvons quitter les lieux sans faire un petit tour aux jardins en terrasse. 



Le clos monastique

Le jardin médiéval


Le jardin des abeilles




Prenant un peu de hauteur, nous distinguons nettement la tour s'élevant légèrement au-dessus de la végétation et en haut de la colline, la croix.





Le bassin  de Neptune

Cette balade nous a fait cheminer dans l'histoire des jardins, entre sous-bois, jardin médiéval, jardin monastique, jardin à la française...nous nous retrouvons au niveau de l'entrée de l'abbaye, au-dessus de la cour d'honneur.



 
Un chemin de randonnée permet de rejoindre la croix, mais faute de temps, nous remettons à une autre fois cette grimpette.







Wouah !!!
Quelle visite !
Nous en avons visité des abbayes mais par sa sobriété, son originalité, ses dimensions, celle-ci est celle qui m'a le plus surprise.
Et encore, je trouve que nos photos ne lui rendent pas justice.
 
 
 
PS : Pour les données techniques et historiques, j'ai puisé mes sources dans un livre acheté au magasin de l'abbaye : "Abbaye de Fontfroide" par Nicolas d'Andoque.
 
Eh oui !
La visite m'a tellement plu, qu'une fois n'est pas coutume, j'ai même acheté le livre. 😉















5 commentaires:

  1. Ah moi qui apprécie les cloîtres, je suis gâtée et en plus c'est rare de pouvoir les voir de dessus, merci !!!!
    Belle abbaye en effet, avec de belles dimensions, à noter ;-)
    Merci pour cette découverte !
    Cath

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  2. Salut
    comme d'habitude formidable partage
    merci

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  3. Hello !
    Nous n'habitons pas loin et pourtant ne l'avons jamais visitée. La seule fois où nous avons voulu le faire , elle était fermée !
    Ton CR relance ma curiosité et je pense que nous ne tarderons pas à y aller. Nous adorons les cloîtres et celui ci me semble très beau .
    Merci Brigitte pour le partage

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  4. Bonsoir,
    Bien belle visite d'une abbaye magnifique, que je ne connaissais que de nom. Ça vaut effectivement le détour. Merci pour le partage.

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