mercredi 14 janvier 2026

Espagne - Andalousie : Grenade 1ère partie - Février 2023

 




Présentation de ce voyage (cliquer pour accéder à l'article et si le lien ne fonctionne plus : https://baladesmv.blogspot.com/2025/04/un-peu-plus-de-5-mois-dans-la-peninsule.html)






La route entre Frigiliana et Grenade ? C'est surtout une deux fois deux voies qui sillonne en partie entre montagnes et champs d'oliviers.





Nous allons consacrer quelques jours à la visite de Grenade mais dans les grandes villes, nous préférons nous garer sur des aires sécurisées.
Aussi, nous avons choisi de ne pas nous garer à Grenade même mais sur la commune de Maracena distante d'une dizaine de kilomètres du centre de Grenade, sur l'aire privée Finca Belllavista.


L'aire est complètement clôturée et surveillée 24h/24h. Côté pratique pour rejoindre Grenade : nous sommes à 900 mètres de la station de tramway. Nous avons ensuite une vingtaine de minutes de trajet en tramway soit environ 6 km et 10 autres bonnes minutes à pied pour arriver sur la place de la mairie.
Sur l'aire, outre les bornes électriques, l'aire de services, il y a aussi des toilettes et une douche. Pour la douche, les jetons sont disponibles à l'accueil pour 1 €.


Donc, arrivés le 20 février en fin de journée, nous en repartirons le 24 en fin d'après-midi. Bien entendu, nous n'aurons pas le temps de tout voir même si nous avons beaucoup marché car Grenade est une grande ville. Je mentirais si je prétendais que nous avons pris peu de photos, c'est pourquoi cette ville fera l'objet de plusieurs articles.

Vous voulez découvrir notre premier jour à Grenade, c'est 👇


La station de tramway "Vicuña"...


...et le premier trajet en tramway pour Guess qui, un peu inquiet au départ avec tous ces bruits et ce trafic inhabituels a fini par trouver qu'il n'y avait pas de quoi casser trois pattes à un canard. Une bonne sieste, voilà de quoi affronter les kilomètres de la journée !


Notre wagon s'est rempli au fur et à mesure jusqu'à être plein comme un œuf et les passagers serrés comme des sardines. Nous avions si peu d'espace qu'il a fallu jouer des coudes pour en sortir. Un peu de marche à nouveau pour rejoindre le centre-ville.

Au programme du jour : découvrir les alentours de la cathédrale.


Une fois la station Recogidas derrière nous, nous passons devant le palais "de los Patos" érigé au XIXème siècle...


... et visitons à tour de rôle l'église de Saint Antoine dont j'ai pris tant de photos qu'elle fera l'objet d'un article ultérieur.



"VILLE DE GRENADE
LA VILLE RENAISSANCE ET BAROQUE

COUVENT/EGLISE SAN ANTONIO ABAD DE SAN ANTON

Période moderne : XVIIe siècle
Style : Baroque
Architectes : Luis Arevalo (façade de l'église)

L'église de San Antón a été construite par les Tertiaires franciscains en 1534 sur un ancien marabout situé à Rebites, elle a été déplacée ici en 1565. Après la sécularisation qui a eu lieu en 1835, les  religieuses capucines se sont occupées du monument. En 1873, il a subi son seul dommage important : la démolition de la tour. L'église malgré le fait qu'elle soit à une seule nef couverte de voûtes en berceau et de lunettes, est très diaphane grâce aux cinq sections où se trouvent les chapelles et les tribunes. Le monastère clos est organisé autour d'une cour avec un porche à fenêtre, ce qui est généralement observé dans l'architecture jésuite. La façade extérieure est une construction en brique massive qui combine la technique mudéjar et le classicisme le plus rigoureux dans ses éléments de composition. Tant le monastère clos que l'église abritent un important patrimoine artistique de haute qualité ; l'oeuvre la plus remarquable étant la toile du Christ crucifié de l'autel principal réalisée par Pablo de Rojas."


L'église de San Antón photographiée en début de soirée et en journée : 







En lieu et place de la Place Carmen se trouvaient jadis l'église et l'une des cours du monastère de l'ordre religieux des Carmens Calzado.

Sur un côté de la place, les parties restantes de l'ancien couvent abritent désormais l'Hôtel de Ville qui a été inauguré en 1858.


Une grande statue trône au niveau du toit de l'Hôtel de Ville. Que signifie cet homme nu avec un bandeau sur les yeux, monté sur un cheval et tenant une sphère dans une de ses mains ? Quant au cheval, il semble trotter avec deux de ses sabots posés sur deux autres sphères.


Pas très sensible aux armoiries de la ville réalisées en galets, Guess met à profit les sorties pour élargir ses relations et se faire éventuellement des copains de passage.



La cour intérieure de l'Hôtel de Ville : 













Un grand édifice...


...et quelques détails de sa façade :




Une belle grille en fer forgé s'ouvre sur une petite rue, nous entrons manifestement dans le quartier de la cathédrale.



"CATHEDRALE/GRILLE DE LA RUE DE LOS OFICIOS

Période moderne : 1522-1704 (cathédrale)
Styles : Renaissance (cathédrale), Néogothique (tour)

La Cathédrale est l'un des temples les plus impressionnants de la Renaissance espagnole. Charles Quint a décidé de faire d'elle le mausolée royal. Elle symbolise plusieurs choses à la fois : la crypte royale, une allusion au Saint Sépulcre en Israël et un emblème du domaine impérial. La grille, initialement située en 1915 devant le parvis ou la place qui mène à la Chapelle royale a été divisée en plusieurs parties et installée au début et à la fin de la Calle de los Oficios en 1943, après la réorganisation urbaine entreprise par le maire et historien Callego y Burin."




Nous commençons par longer le Palais de la Madraza édifié au milieu du XIVème siècle par le roi Yusuf I. Devenu un temps l'Hôtel de Ville après la Reconquête par les Rois Chrétiens, il conserve encore quelques éléments de sa construction d'origine.


Le Palais de la Madraza...


...quelques détails de sa façade :





Sa cour intérieure est ouverte au public :




Un panneau nous en dit un peu plus sur l'histoire du palais :


"BÂTIMENT

La Madraza a été fondée en 1349 par Yusuf Ier dans le centre de la médina, à quelques mètres de la mosquée aljama. A l'intérieur, on y trouve encore des espaces témoignant de son utilisation à l'époque musulmane, comme le bassin intérieur, la cour et l'ancien oratoire.
A partir de 1500, durant la phase de christianisation de la ville, le bâtiment devenu la Maison du Cabildo, fonction qu'il conservera jusqu'en 1858 et qui entraînera d'importantes transformations. Au XVIe siècle, l'oratoire musulman est transformé en chapelle et une extension est réalisée pour créer une Audience Civile au rez-de-chaussée et une salle de réunion à l'étage. Déjà au XVIIIe siècle, l'escalier est reconstruit et la façade actuelle est aménagée en l'adaptant au goût de l'époque.
En 1861, l'édifice appartient à des propriétaires privés et au milieu du XXe siècle, il passe aux mains de l'Etat qui le cède à l'Université de Grenade.

PORTES

Dans le patio, nous trouvons deux magnifiques portes réalisées dans le premier tiers du XVIIe siècle par Francisco Diaz de Ribero (dessinateur), Alonso de Mena (sculpteur) et Pedro de Raxis (peintre). Elles sont un exemple de maniérisme et reproduisent à taille quasi réelle les figures de sainte Cécile et de saint Grégoire Bétique sur leur face avant, ainsi que des figures de saint Pierre et de saint Paul sur leur face intérieure.  A l'origine, elles fermaient la chapelle de l'ancien siège de la mairie, situé dans l'Oratoire de l'ancienne Madraza.

ORATOIRE
L'oratoire s'ouvre sur la cour par un arc en fer à cheval encadré par un alfiz, reposant sur deux fines colonnes en marbre, ses écoinçons décorés d'arabesques. Il s'agit d'un espace de plan octogonal avec un mihrab (niche de prière) au fond.
L'intérieur présente une décoration de mocárabes qui rappelle celle du Salon des Ambassadeurs de Camares, palais également construit par Yusuf Ier.
L'espace est couvert par un plafond en bois qui permet à la lumière naturelle d'entrer. Cette structure n'est pas d'origine car complètement détruite par un incendie au milieu du XIXe siècle, elle a été restaurée en 1893 selon les critères de l'époque.

RESTES ARCHEOLOGIQUES
Les fouilles archéologiques réalisées en 2006 dans le cadre du processus de restauration du bâtiment permettent d'observer l'évolution de l'emplacement original entre les XIe et XIVe siècles, l'utilisation résidentielle du bâtiment pendant les périodes ziride et almohade, ainsi que les vestiges nasrides cachés par les différentes interventions historiques."














Quasiment en face du Palais de la Madraza, nous traversons une toute petite place par laquelle on accède à la Chapelle Royale.




"CHAPELLE ROYALE

Epoque Moderne : 1506-1521
Styles : Gothique, Renaissance
Architecte : Enrique Egas

Elle a été commandée par les Rois Catholiques en 1504 pour être leur lieu de sépulture. C'est un exemple du style gothique castillan tardif : plan en croix latine avec une abside et un choeur ; voûtes sur  croisées d'ogives et une décoration importante sur la partie haute des murs (grandes fenêtres à linteaux au-dessus d'une frise épigraphique). A l'intérieur, les éléments les plus remarquables sont la grille Renaissance située dans le transept, les sépultures des Rois Catholiques, celles de Philippe le Beau et de la Reine Jeanne, ainsi que le retable de la Sainte Croix. A l'extérieur, la chapelle n'a qu'une seule façade, avec un fronton daté de 1526 et reconstruit en 1733 car elle a été rattachée au complexe de la cathédrale. La façade principale avec les figures des Saints Jean (Baptiste et Apôtre) est restée à l'intérieur de la cathédrale. Au bas de l'avenue, une autre façade mène à l'Eglise del Sagrario."





"HALLE AUX MARCHANDS

Epoque Moderne : 1518-1522
Style : Renaissance
Architecte : Juan Garcia de Pradas

En 1518, le Conseil Municipal de la ville ordonna de construire un bâtiment pour accueillir des activités commerciales et financières au coeur même de la ville. Un conflit entre la Chapelle Royale et la Mairie affecta la construction du bâtiment : le rez-de-chaussée fut réservé au marché alors que l'étage servit d'annexe à la Chapelle Royale. Le corps de bâtiment réservé à la Halle (le rez-de-chaussée) s'organise selon la tradition des loggias médiévales : une galerie d'arcs ouverte sur un espace public. Entre chaque arc se retrouvent les blasons de la ville."




C'est par la Halle aux Marchands achetée par l'archevêque de Grenade au XIXème siècle que l'on entre dans la Chapelle Royale. L'entrée est payante (5 €), non autorisée aux chiens et toute photo y est interdite.

C'est pourquoi, je ne peux vous en montrer que l'extérieur.






Un peu plus loin, nous arrivons devant l'imposante façade de l'église del Sagrario.



"EGLISE DEL SAGRARIO

Epoque Moderne : 1705-1722
Style : Baroque
Architectes : Francisco Hurtado Izquierdo, José de Bada y Navajas

Elle occupe l'endroit où se dressait autrefois la Grande Mosquée de Grenade. Le bâtiment est  à plus petite échelle, une réplique de la Basilique Saint-Pierre : une croix grecque à l'intérieur d'un carré. La partie centrale est couverte par une coupole hémisphérique et les quatre côtés du transept par des voûtes en coupole. La façade est divisée en deux parties, avec des sculptures d'Agustin Vera Moreno dans la deuxième partie : Saint Pierre au centre, accompagné de Saint Jean Népomucène et de Saint Yves."







Mêmes causes, mêmes effets, aussi comme pour l'église de San Antón, l'église del Sagrario fera l'objet d'un autre article.
Nous nous engageons dans l'étroit passage de l'Alcaicería, genre de souk traditionnel dont la construction date de l'époque mauresque.








Après cet intermède dépaysant, nous reprenons le fil de la visite et longeons le Palais de l'Archevêché.





"PALAIS DE L'ARCHEVÊCHE

Epoque Moderne : 1600-1699
Styles : Baroque, Historicisme
Architectes : Ambrosio de Vico, Juan Pugnaire

A l'origine, le bâtiment se composait de deux cours, dont une seule a été conservée, l'autre ayant été démolie en 1868 pour permettre de créer la place. La façade principale est le résultat d'une rénovation effectuée après l'ouverture de la place. En revanche, la façade arrière qui donne sur la place de Bib-Rambla conserve les traces de la construction originale."


Ici résidait l'archevêque et la première curie ecclésiastique.





Nous pouvons accéder au patio du palais de l'Archevêché.










A ma sortie de cette magnifique cathédrale, qui fera elle aussi l'objet d'un autre article, je trouve mon mari et Guess confortablement installés sur les marches de la place parmi les touristes et les Grenadins.
A noter, même s'il y a des exceptions, les touristes se reconnaissent à leurs APN mais surtout à leurs vêtements. Tee-shirts pour les touristes, manches longues et blousons voire même écharpes pour les Grenadins. 😉


Un magasin à l'angle de la place me dit "Viens, viens, viens !"

Et je ne peux que céder à la tentation devant un tel assortiment de thés verts en vrac, aux noms enchanteurs et aux arômes alléchants.

Et pour vous mettre l'eau à la bouche, au sac à dos se sont rajoutés quelques sachets : "Orient Express" (thé vert sencha, fraises, mûres, papaye et pétales de roses), "Délices de l'Alhambra" (thé vert, fraises et fruits tropicaux), "Caprice Andalou" (thé vert sencha, fleur de bleuet, pêche et fleur d'oranger), "Charmes de l'Albayzin" (thé vert sencha et fleur d'oranger), "Poètes grenadins" (thé vert sencha, mangue et prune), "Fleur de Grenade" (thé vert sencha, fleur de grenade, pétales de rose et framboise).



Quelques mots sur la cathédrale :



"CATHEDRALE DE L'ANNONCIATION

Epoque Moderne : 1522-1704
Style : Renaissance
Architectes : Enrique Egas, Diego de Siloé, Juan da Maeda, Juan de Orea, Ambrosio de Vico, Alonso Cano, José Granados de la Barrera

La Cathédrale est l'un des plus impressionnants édifices religieux de la Renaissance espagnole. L'empereur Charles Quint a décidé de la transformer en mausolée royal. Dans le bâtiment, cinq nefs sont juxtaposées à une rotonde présentant un double déambulatoire, à symbolique multiple : le cimborrio circulaire (tour centrale) est à la fois un caveau royal et une allusion au Saint Sépulcre d'Israël ainsi qu'un emblème du domaine impérial. L'autel central indique un programme idéologique très précis : le sacrement sacré de l'Eucharistie irradiant sur une ville qui était encore musulmane. Après la mort de Siloé, l'achèvement de la façade principale fut confié à Alonso Cano. Elle a été conçue comme un arc de triomphe colossal, dont le design tripartite dissimule la structure intérieure des cinq nefs et intensifie le jeu de lumière et d'ombre."


Les grandes dalles du parvis ont tellement été foulées qu'elles brillent comme si elles avaient été cirées. Elles ne manquent pas non plus d'être glissantes !


Un bout de la grille qui cerne la cathédrale : 





Marcher dans les rues de Grenade, c'est aussi traverser plusieurs courants musicaux.


Une dernière visite avant de rejoindre la station de tramway, celle du Corral del Carbón.


C'est la seule halle d'Al-Andalus construite en 1336 qui subsiste. Du commerce du blé et de céréales à l'origine, elle a servi de dépôt de marchandises et de refuge pour les marchands de charbon sous les Rois Catholiques. Théâtre en plein air dès le XVIème siècle, elle appartient désormais à l'Etat qui l'a entièrement rénovée. (Infos tirées du fascicule "Granada - Guide touristique" en version française que nous avons acheté 3 € et qui nous a bien aidés grâce à ses nombreux plans et les explications de ses photos).


Nous pouvons même y entrer, à tour de rôle, les chiens n'y étant pas admis, et voir la jolie exposition sur les jardins d'Andalousie.





Quelques détails architecturaux pour terminer cette grosse journée de balade dans Grenade.




Vivement que l'on retrouve le cc, nous en avons plein les pattes...
Je vous retrouve tantôt pour découvrir d'autres coins de Grenade ?

A bientôt alors ! 😉


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