samedi 17 janvier 2026

Espagne - Andalousie : Grenade 2ème partie - Février 2023

 



Présentation de ce voyage (cliquer pour accéder à l'article et si le lien ne fonctionne plus : https://baladesmv.blogspot.com/2025/04/un-peu-plus-de-5-mois-dans-la-peninsule.html)




En discutant avec un camping-cariste, nous apprenons qu'il a eu beaucoup de mal à trouver une place pour visiter l'Alhambra mais qu'il a réussi à en avoir une demain matin dès l'ouverture en ne passant pas par le site internet. Du coup, nous regardons les disponibilités sur internet mais rien, la seule chose que nous pouvons visiter ce sont les jardins. Sinon, rien pendant trois semaines !
De plus, dans notre cas ça se complique, il nous faut trouver deux créneaux car lorsque c'est interdit aux chiens, nous gardons Guess à tour de rôle.
Tant pis, nous reviendrons peut-être un jour mais serons plus prévoyants et réserverons nos places à l'avance.

En attendant, nous reprenons le même chemin qu'hier, soit un peu de marche, un bout de tramway...


Je vous propose un condensé de ce deuxième jour à Grenade dont notre but est surtout d'aller jusqu'à l'Alhambra.

Vous nous suivez ?




Nous traversons une autre place où trônent les statues des Rois Catholiques, titre alloué par le pape Alexandre VI à Ferdinand II d'Aragon et Isabelle de Castille.




Sur la place "Nueva", de nombreux vendeurs à la sauvette (semble-t-il) ont étalé leur marchandise à même le sol non loin du palais de la Chancellerie Royale.




"CHANCELLERIE ET PRISON ROYALE

Epoque Moderne : 1531-1587
Style : Maniérisme
Architectes : Diego de Siloé, Juan de la Vega, Francisco del Castillo, Pedro Marin

La création de la Real Chancilleria (Chancellerie Royale) faisait partie du programme administratif mis en place à Grenade après sa conquête, faisant de cette ville celle qui comptait le plus grand nombre d'institutions liées à la monarchie espagnole pendant le règne des Rois Catholiques et de l'empereur Charles. Etablie en 1505, après que la Haute Cour Royale de Castille ait été divisée en deux chancelleries, elle avait juridiction sur la partie sud de l'Espagne. La façade maniériste conçue par Francisco del Castillo (1587) est un excellent ajout à l'architecture publique du règne de Philippe II. A l'intérieur, l'élément le plus remarquable est le patio classique (vers 1540) et le programme iconographique humaniste de l'escalier principal."






Le bel escalier et le patio du palais de la Chancellerie Royale : 







"VESTIGES ARCHEOLOGIQUES
MUR DE L'EPOQUE ALMOHADE-NASRIDE

La place du Hatabin - des Bûcherons - (aujourd'hui Plaza Nueva), était l'un des principaux espaces de la ville médiévale islamique, bien que, après la conquête par les Rois Catholiques (1492), elle ait subi une série de transformations très importantes qui l'ont agrandie et embellie jusqu'à sa forme actuelle.

La rivière Darro se constituait comme l'axe structurant du tissu urbain complexe qui, tel un véritable dédale, occupait la colline de l'actuel quartier de l'Albaicin. A partir du XVIe siècle, le développement urbain entraîne la création d'espaces plus aérés, favorisant la salubrité et le symbolisme propre au modèle de la ville encouragé par les monarques. On couvre la rivière et on dote la place ainsi créée d'un grand nombre de bâtiments, civils et religieux, représentatifs du nouveau pouvoir castillan (PALAIS DE LA CHANCELLERIE ROYALE, EGISE DE SAINT GIL ET SAINTE ANNE entre autres).

Les vestiges archéologiques découverts lors des travaux réalisés en 2019 (PLACE SAINTE ANNE n°1) font partie d'un bâtiment de l'époque Almohade-Nasride, dont un grand enclos périmétrique est conservé, associé à d'autres structures murales. Ce mur est construit avec de la chaux et des galets de tailles différentes, en utilisant à certains endroits des pierres en grès. La couleur du pisé, avec des nuances rouge-orangé, est caractéristique de la région car on utilisait la terre du lieu pour construire.

Parallèlement à ce mur et au bâtiment adjacent de la Chancellerie, apparaissent les restes de ce qui pourrait être un aqueduc qui, avec le temps, a été réutilisé comme canal ou égout. Les eaux des bâtiments voisins se déversaient dans cette branche qui se jetait dans la rivière (actuellement sous la place). Liés à cette structure se trouvent les vestiges d'un mur et le départ d'un arc construit à base de dalles de pierre de grès liées avec du mortier de chaux. Il est très probable que cette structure hydraulique recueillait les eaux des zones les plus élevées de l'Albayzin pour les déverser sur ce versant vers le fleuve Darro."





"EGLISE DE SAINTE-ANNE/EGLISE DE SAINT-GILLES ET SAINTE-ANNE

Epoque Moderne : 1537-1548, 1561-1569
Styles : Mudéjar, Renaissance
Architectes : Diego de Siloé, Alonso Hernández de Tirado, Juan de Castellar (clocher)

Cette église est typique du style artistique mudéjar que l'on trouve à Grenade. Elle est située à l'emplacement d'une ancienne mosquée. Elle se compose d'une seule nef avec des chapelles latérales. Son vaste choeur doté d'un arc en ogive et la charpente de sa toiture se distinguent. Sa façade Renaissance ornée de grotesques et de colonnes corinthiennes a été conçue par Sébastien de Alcantara, un artiste de renom dans la ville. La tour, avec ses carreaux et tuiles vernissées, constitue le plus bel exemple de l'art mudéjar de la ville."


Dommage, l'église est fermée.




D'ici, nous voyons un bout de l'Alhambra perché sur la colline.



Plus nous nous éloignons du centre-ville, plus nous pénétrons dans les quartiers du "Realejo" et de "San Antón", plus les rues rétrécissent, plus les maisons semblent plus modestes et les escaliers plus nombreux.


La maison natale du chanteur et poète Carlos Cano (1946-2000) a une plaque reprenant quelques-uns de ses mots "La liberté n'est pas seulement un rêve, elle est là, de l'autre côté de ces murs que nous avons nous-mêmes construits."






















"CHAMP DU PRINCE
Epoque Moderne : XVIe-XVIIe siècles
Epoque contemporaine : années 1970

Pendant la période nasride, le "Campo del Principe" s'appelait fash Albunest (Champ de la Colline), il était utlisé comme musallah ou esplanade en plein air pour célébrer des rassemblements  multiconfessionnels et des festivités équestres. Il était entouré de nombreux vergers, de domaines ruraux et de palais avec jardins, tous appartenant aux Sultans Nasrides. En 1947, en raison des célébrations du mariage entre le prince Juan et Marguerite d'Autriche, elle devint la plus grande place de la ville et un lieu de commerce et de rassemblements. En 1513, elle subit de nouvelles réformes et devint, avec la place Bib-Rambla, un lieu pour la corrida, les joutes, les processions et les célébrations religieuses telles que "l'auto de foi" (une pénitence publique des hérétiques, résultat de l'Inquisition dans l'Espagne et le Portugal médiévaux). La statue du Christ située sur cette place est connue sous le nom de "Cristo de los Favores" (Christ des Bienfaits) en raison de la tradition où on lui demande trois faveurs le Vendredi Saint. Elle a été commandée par les habitants de l'autre quartier en 1640 et mise à son emplacement actuel en 1682."


Le plus insolite est cet espace plat, ouvert et rectiligne après tant de ruelles pentues, étroites et tortueuses. Et ce qui ne gâche rien, le sol est pavé de frises florales réalisées avec de petits galets.


Au bout du "Campo del Principe" se dresse la statue en pierre du Christ des Faveurs.


En bordure de la place, nous passons devant le Palais de l'amiral d'Aragon, manoir du XVIème siècle où résidait l'amiral. Après plusieurs affectations, il abrite de nos jours l'Ecole d'architecture.


Le Palais de l'amiral d'Aragon :





"L'EGLISE DE SAN CECILIO

Epoque Moderne : 1528-1534
Styles : Plateresque, Renaissance

En octobre 1501, une bulle papale délivrée par Innocent VIII a donné la classification des paroisses de Grenade. C'est à partir de là que l'église a pris son origine suivant le modèle des temples avec une nef rectangulaire et des arcs soutenant la charpente en bois et des chapelles latérales entre les contreforts. A l'extérieur, la façade plateresque se distingue. En 1969, elle a subi un incendie qui a nécessité sa restauration ultérieure."


Une des entrées de l'église de "San Cecilio" flanquée de deux fresques en céramique.




L'autre entrée de l'église de "San Cecilio" :





Enfin, les remparts de l'Alhambra se dressent derrière les arbres.





Sans billet, nous ne pourrons la visiter mais nous pouvons apparemment franchir la porte de l'enceinte.


Quelle surprise de trouver tout un ensemble de bâtiments sur l'esplanade.



Nous commençons par visiter l'église de Santa Maria édifiée entre 1581 et 1618 à la place de la grande Mosquée et de son bain.



De style baroque, elle a un plan en croix latine et des chapelles latérales.





















"BAIN DE LA MOSQUEE DE L'ALHAMBRA

Le bain de vapeur (Hammam) est un des éléments les plus caractéristiques de la culture islamique et l'un de ses traits distinctifs. Son usage purificateur implique l'ablution majeure, préalable à la prière, c'est pourquoi il est fréquent de trouver des bains à proximité, voire faisant partie des mosquées. Mais l'utilisation du bain ne remplit pas seulement une fonction purificatrice de caractère religieux ; c'est aussi un espace pour l'hygiène et, souvent un lieu de rencontre sociale;
Ce bain a été construit pour équiper la mosquée Aljama de la ville de l'Alhambra qui se trouvait à l'emplacement où se situe aujourd'hui l'église voisine de Santa Maria de l'Alhambra. L'accès au bain se faisait à l'origine par la Calle Real Alta."


Nous dépassons une porte finement sculptée...


...découvrons les vestiges du Palais de Abencerrajes...





... avant d'arriver au Parador, établissement hôtelier installé dans l'ancien couvent de San Francisco.


Comme tous les paradors que nous avons croisés, une petite partie de l'édifice est accessible au public, un plus grand accès est bien entendu ouvert uniquement à la clientèle.

Nous y trouvons quelques panneaux en espagnol et en anglais, je vais tenter de vous les traduire.



"Au coeur de l'Alhambra

Le couvent de San Francisco, aujourd'hui Parador de Grenade, conserve sur ses murs les cicatrices des aléas historiques de l'Alhambra. Bien que l'eau jaillisse encore de ses fontaines nasrides, il a connu autant de moments de grandeur que de périodes de déclin, jusqu'à renaître transformé en refuge pour voyageurs venus de partout. Des gens attirés par le charme des palais, le parfum des jardins et le paysage évocateur, dominé par le Generalife et les maisons blanchies à la chaux de l'Albayzin.

A cet endroit, au milieu d'un verger rustique, se trouvait un palais nasride, construit au XIVe siècle sur le modèle du Generalife, bien qu'à plus petite échelle. Les traces de ce passé sont encore visibles avec l'aqueduc qui le traverse, dans les mocárabes de la "qubba" et dans les ruines du bain arabe.

Lorsque le sultan Boabdil vaincu, remit Grenade aux Rois Catholiques, Isabelle de Castille offrit le palais aux Franciscains. Après les armées, les prières chrétiennes conquéraient également le coeur de l'Alhambra. Peu à peu, le palais se transforma en couvent et en église, et finit par accueillir le tombeau des Rois Catholiques.

Avec des ressources limitées, les moines ont eu du mal à sauver le monastère de la ruine. Finalement, ils ont été contraints de partir en 1835 à cause de la saisie des terres de l'église sous Mendizábal. Il a ensuite servi de caserne, de dépôt d'artillerie, de maisons pour les plus démunis, d'hôpital durant la Guerre Civile et de résidence pour les peintres. En 1945, il est devenu l'un des Paradores de Tourisme les plus emblématiques d'Espagne."








"Mosaïques bicolores

 Les mosaïques de pierre qui décorent les jardins et les terrasses du Monastère de San Francisco, ainsi que le cloitre et la cour Isabelle la Catholique, font également partie de l'histoire de Grenade. Leur origine se trouve dans les compositions nasrides initialement basées sur des formes géométriques, dans lesquelles ces mêmes deux couleurs étaient utilisées.

Les galets arrondis de calcaire blanc ont été pris dans le fleuve Darro, tandis que l'ardoise noire a été amenée à Grenade depuis les sommets de la Sierra Nevada en descendant le Genil. Au fil du temps, la géométrie nasride s'est transformée en des motifs plus artistiques inspirés des fleurs et des formes fantaisistes, créant une technique unifiée connue sous le nom de "mosaïque de Grenade", transmise de père en fils sur de nombreuses générations."







"Canaux, bassins et fontaines nasrides

L'eau qui coule à travers les neuf fontaines du monastère est distribuée par les conduits et canaux de l'Alhambra, construits au XIIIe siècle sous le règne de Muhammad Ier. La rivière Darro qui serpente le long des pentes de la colline de Sacromonte, est la source d'eau des monuments des jardins. Les Nasrides ont construit un petit barrage, ou assudd, en amont du ravin, à 6.4 kilomètres, où l'eau s'accumule. Elle s'écoule le long du canal d'irrigation royal à travers la colline et jusqu'au Palais du Généralife. Un aqueduc est ensuite utilisé pour franchir le dénivelé, entrant dans la forteresse à côté de la Torre del Agua (Tour de l'Eau).

Le système d'eau extraordinaire mis en place pour la ville-palais par les Nasrides continue d'émerveiller le monde. Avec un volume aussi limité, ils ont réussi à créer un paradis de jardins, vergers, fontaines et plans d'eau, tout en fournissant également de l'eau courante aux bâtiments et palais. Le canal d'irrigation se déversait autrefois sur la Plaza Nueva (Place Nouvelle) au pied de la colline de la Sabika, renvoyant l'excédent au Darro.

Dans ce palais, l'eau était stockée dans un grand réservoir. De là, elle était dirigée vers les jardins et continuait le long du canal d'irrigation ouvert qui traversait la cour. Il semble que le centre ait été recouvert et qu'il y avait une fontaine, probablement la même qui se trouve aujourd'hui en face de la réception. Le long du bord, il y a quatre trous également espacés qui tenaient un nombre égal de jets. Elle occupait le centre du cloître du monastère jusqu'à ce qu'elle soit remplacée par la fontaine octogonale actuelle."









"Palais d'un prince inconnu

L'ancien palais Nasride hérité par les moines franciscains fut autrefois la demeure d'un prince dont le nom s'est perdu dans les brumes du temps. Il occupait le centre de la partie orientale de la médina de l'Alhambra, au bout de la Calle Real (Route Royale), et était entouré de vastes jardins. Aménagés en terrasses, ceux-ci descendaient jusqu'au fossé le long du mur nord. La magnificence du palais cohabitait avec l'air rustique des vergers arabes.

Le bâtiment a été construit sous le règne de Muhammad III (1303-1309), bien qu'il ait été rénové et agrandi au milieu du XIVe siècle pendant les règnes de Yusef I et Muhammad V. L'endroit original était organisé autour d'une grande cour allongée, traversée en largeur par un canal d'irrigation ouvert qui remplaçait le bassin central traditionnel des palais nasrides.

Les chambres se trouvaient à chaque extrémité, séparées par des arcs, et au centre de la cour se trouvait un balcon fermé, surmonté d'un dôme doté d'un moucharabieh. Le site était complété par d'autres pièces disposées autour de la cour et d'un grand bain. Le palais avait une superficie de près d'un millier de mètres carrés dont un tiers était occupé par la cour.

A cette époque, il y avait deux citernes qui stockaient l'eau nécessaire au palais. L'une d'elles est encore utilisée et se situe en face du côté est du bâtiment. L'autre se trouvait près de l'entrée principale actuelle et a été perdue lorsque le palais a été transformé en monastère."





De la grille, nous avons une vue furtive sur la cour.





"L'église franciscaine

Cet endroit, aujourd'hui connu sous le nom de Cour d'Isabelle la Catholique, occupait le centre de l'ancien palais nasride. Il a été transformé en nef principale de l'église du monastère à la fin du XVe siècle. Il y a longtemps, il était surmonté d'une voûte en berceau avec des lunettes, avec le choeur à la base. Au-dessus, il était relié à la galerie supérieure du cloître, comme c'était courant.
Il possédait deux chapelles baroques ainsi que quelques petits autels. Le choeur et le transept occupaient le balcon fermé du palais, qui s'ouvrait sur la nef par un arc de style mudéjar. On trouve encore quelques pierres tombales dans les murs latéraux. Lorsque les tombeaux des Rois Catholiques ont été déplacés, divers gardiens de l'Alhambra et d'autres figures illustres de la ville y furent enterrées."





"Travail en nid d'abeilles, ataurique et travail du plâtre

La salle carrée, ou qubba, située devant le balcon fermé de l'ancien palais Nasride, est remarquable pour les formes géométriques connues sous le nom de travail en nid d'abeilles qui ornent sa coupole. Ils ressemblent à ceux de la Sala de los Reyes (Salle des Rois) de l'Alhambra. Cet espace est également remarquable pour la décoration végétale, ou ataurique, et d'autres travaux en plâtre qui ornent ses murs. Peut-être par respect pour ceux qui occupaient la crypte sous ce toit en dentelle, les moines l'ont préservé pendant tout leur séjour ici.

A gauche et à droite de la qubba se trouvent les chambres, ou alhanias, séparées par des arcades reposant sur des demi-colonnes en plâtre, Celles-ci sont couvertes de plafonds à caissons de style Renaissance installées au XVIe siècle. L'une d'elles a été restaurée dans les années 1920, suivant le modèle de l'autre restée intacte Sous le sol de la chambre de gauche, les vestiges d'une ancienne latrine médiévale ont été découverts.

A l'arrière se trouve le balcon fermé, avec une triple arche dans la partie inférieure et des fenêtres en tourelle  au-dessus. Le travail en nids d'abeilles de cet espace a été doré par les moines en 1512, dont les dorures sont encore visibles.

Dans le plâtre, il est possible de distinguer le blason classique traversé par une bande portant le nom de Muhammad V, le roi Nasride qui régna lors de la dernière rénovation du palais et probablement le mécène des travaux. Il y a aussi des inscriptions en l'honneur d'Allah et du sultan, implorant "Seul Dieu est victorieux" et "Gloire à notre seigneur le sultan Abu Abdallah"."








"Le tombeau d'Isabelle et Ferdinand


Le 12 octobre 1504, Isabelle la Catholique a rédigé son testament à Médina del Campo (Valladolid). Dans le document, elle exprimait son souhait d'être enterrée dans ce modeste monastère : "Que mon corps soit inhumé dans le Monastère de San Francisco qui se trouve dans l'Alhambra de la ville de Grenade, occupé par les membres de cet ordre, vêtus de l'habit du bienheureux pauvre de Jésus-Christ, Saint François, dans un sépulcre bas, sans aucun monument sauf une simple pierre, avec l'inscription gravée dessus. Mais je désire et ordonne que si le roi, mon seigneur, choisissait un sépulcre dans quelque église ou monastère dans une autre partie ou lieu du royaume, que mon corps y soit transporté et enterré à côté du sien ; afin que par la miséricorde de Dieu, l'union dont nous avons jouie durant notre vie sur terre, perdure au ciel.

Un mois plus tard, le 16 novembre, la reine est décédée et après quelques jours, le cortège funèbre a entamé un périple difficile de 23 jours à travers un froid intense et une pluie torrentielle qui a provoqué le débordement des rivières et l'effondrement des ponts. Le corps a été enterré en ce même lieu le 18 décembre.

Le 6 février 1518, elle fut rejointe par la dépouille de Ferdinand. Cependant, lorsque la Chapelle Royale fut achevée, l'empereur Charles ordonna que les corps de ses grands-parents y soient transférés. Cela fut effectué le 10 novembre 1521."





Après cette visite certes sommaire mais néanmoins intéressante, nous allons voir d'un peu plus près la façade du palais que Charles Quint, à la fois roi d'Espagne et empereur d'Allemagne, fit construire en 1533.





Nous franchissons ensuite la Porte du Vin et nous nous retrouvons dans un vaste espace.







"PLACE DES CITERNES

L'une des premières œuvres réalisées dans l'Alhambra après la conquête chrétienne a été la construction d'une grande citerne dans le ravin séparant l'Alcazaba du reste de l'Alhambra. Ce travail a été initié par Iñigo López de Mendoza, capitaine général de l'Alhambra, premier marquis de Mondéjar et deuxième comte de Tendilla.

Au-dessus des dômes de cette citerne s'est développée presque spontanément une vaste esplanade qui est encore aujourd'hui connue sous le nom de "Plaza de los Aljibes", théâtre d'importants événements culturels tels que le Premier Festival de Cante Jondo (un festival de musique flamenco) en 1922 - qui a eu une influence extraordinaire  sur le panorama de la musique espagnole contemporaine - ou pour la représentation des autos sacrées (représentations théâtrales religieuses).

Dans son pavillon, les visiteurs et les clubs sociaux de Grenade ont pris un moment pour déguster la combinaison traditionnelle d'azucarillos (un bonbon à l'ancienne principalement composé de sucre) et de spiritueux."


Il commence à se faire tard et les visiteurs ont quitté les lieux, seule reste la gente féline et nous.







"PROJET D'URGENCE TECHNIQUE POUR LA CONSOLIDATION DES MERLONS ET DES PAREMENTS DE LA TOUR DES POULES

La Tour de Mohammed V ou des Poules, qui tire son nom de l'existence d'un poulailler à un moment de son histoire, constitue un vestige de l'Alhambra probablement antérieur à Yusuf Ier (XIVe siècle). Elle se situe sur le flanc nord de l'enceinte fortifiée, à mi-chemin entre les palais nasrides et l'Alcazaba. Actuellement, deux pans de muraille situés à l'est et à l'ouest entourent la tour et permettent l'accès à son intérieur depuis le haut du chemin de ronde. Parmi ces deux accès, seul celui à l'est est d'origine car la tour a été très transformée au fil du temps. Sa disposition initiale devait être en angle, reliant la Porte du Vin avant la démolition de ce pan de mur au XVIe siècle.

Elle présente deux étages voûtés et une terrasse, ayant été complètement restaurée vers 1920, l'architecte Modesto Cedoya lui rajoutant un parapet et des créneaux existants, en supprimant les meurtrières qui avaient été ajoutées au XIXe siècle pendant les guerres carlistes. Ce critère d'intervention sera le même que celui adopté dans les tours de l'Hommage et de la Quebrada de l'Alcazaba, configurant l'image qui nous est parvenue jusqu'à nos jours.

L'objectif de l'intervention est de pallier les détériorations subies par les parois de la tour et de garantir la stabilité des créneaux qui la surmontent, certains d'entre eux présentant des déformatons et des pertes de plomb. Les solutions adoptées reposent sur le respect des valeurs de l'ensemble en tenant compte de toutes les phases constructives présentes, en maintenant les systèmes constructifs et les volumes existants, et en proposant une intervention de stricte conservation et consolidation."














Voilà, c'est tout ce que nous verrons de l'Alhambra, il est temps de repasser la porte par laquelle nous y sommes entrés...


Un peu plus bas, nous découvrons la porte de la Justice construite en 1348, autre passage pour pénétrer dans l'Alhambra.





En contrebas de la porte de la Justice, la fontaine de Charles V en impose depuis 1547.






Le temps de gagner la porte des Grenades, il fait déjà nuit.



"LA PORTE DES GRENADES

Epoque Moderne : 1536
Style : Renaissance
Architecte : Pedro Machuca

Appelée ainsi en raison des trois grenades qui la couronnent, elle a été ouverte sur la muraille qui reliait l'Alcazaba de l'Alhambra aux Torres Bermejas. Elle a remplacé un ancien guichet - dont les vestiges peuvent encore être vus à droite - qui permettait l'accès au cimetière de la Sabika, où semble-t-il, les premiers sultans nasrides ont été enterrés. Cela n'a jamais été l'accès principal à l'Alhambra à l'époque musulmane, car celui-ci se faisait par ce qui est aujourd'hui la forêt de San Pedro jusqu'à l'Alcazaba. Il est devenu l'accès principal à la citadelle après la transformation du terrain abrupt et la défense naturelle offerte par le ravin de la Sabika en un bosquet. Planté au XVIe siècle, ses trois allées ont été définies à l'occasion de la visite de Felipe V en 1730."



Les trois allées mènent à la Porte de la Justice pour l'une d'entre elles, c'est celle que nous avons descendue, l'autre mène au Generalife et la dernière enfin permet d'accéder au "Carmen de los Martires".





"PALAIS DES MARQUIS DE CARTAGENA

Epoque Moderne : 1580-1590
Epoque contemporaine : 1875
Styles : Renaissance Maniérisme

Comme l'indique la blason sur sa façade, il appartenait à la famille de Domingo Pérez de Herrasti, arrivé à Grenade depuis Guipúzcoa pour participer à la conquête de la ville. Sa première résidence à Grenade se trouvait sur la Carrera del Darro, en face de l'église de San Pedro et San Pablo. Construite par le IVe Seigneur de cette lignée (1568-1608), elle constitue l'une des meilleures rénovations effectuées au XIXe siècle pour être utilisée comme résidence. En 1875, elle a été récupérée comme résidence par les descendants des fondateurs. En 1919, José Luis de Andrada-Vanderwilde y Pérez de Herrasti a rétabli le titre des Marquis de Cartagena, d'où le nom du palais."







Juste avant d'arriver à la station de tramway, nous croisons un vendeur ambulant de billets de la loterie nationale avec tout son matériel.


Quelle journée !

Vivement le retour au cc pour nous reposer d'autant plus que nous remettons ça demain.

A bientôt ! 😉


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